Ia ora Te Nuna’a, le parti qui veut réformer le système fiscal polynésien

Nicole Bouteau et Teva Rohfritsch veulent apporter un vent nouveau dans la gouvernance du pays en combinant expérience, compétence et idées nouvelles. (Photo : Jennifer Rofes)

Le nouveau parti politique, Ia ora Te Nuna’a, créé par Teva Rohfritsch et Nicole Bouteau, deux anciens ténors du Tapura Huiraatira, a présenté ce lundi 12 décembre, les 9 autres membres de son comité directeur. Ainsi, ont rejoint le parti, Teura Atahu Atuahiva, Marcel Tuihani, Léo Marais, Jason Vii, Manfred Chave, Rereata Scholermann, Vaiana Tematua Estall, Laila Tinorua et Sandra Shan Sei Fan.

Le président, le sénateur Teva Rohfritsch, ainsi que la présidente déléguée, Nicole Bouteau, en ont profité pour décliner les premières grandes idées défendues et voulues par le parti, à savoir une organisation de la gouvernance du Pays à la fois « responsable et au service de tous ».

Pour gouverner autrement, pouvoir mobiliser tous les Polynésiens, et s’adresser notamment à ceux qui ne croient plus aux promesses électorales, Ia Ora Te Nuna’a a, a décidé de créer différents comités : communaux, de quartier, thématiques ou familiaux ainsi que différents conseils, comme celui des sages, des archipels, des jeunes et des femmes, afin que chaque Polynésien qui souhaiterait faire entendre ses idées ou défendre une cause qui lui tient à cœur puisse trouver sa place.

C’est dans cet objectif, que plusieurs membres du parti ont appelé la société civile à les rejoindre pour s’engager et militer là où ils se sentiront le mieux.

« Créer plus d’activité »

Bien que le premier grand congrès du parti ne soit prévu qu’en février prochain, les dirigeants de Ia ora te Nuna’a ont abordé plusieurs axes de leur politique, qu’ils considèrent comme prioritaires.

Il a donc été question de justice sociale, de pouvoir d’achat et de réforme du système fiscal polynésien. Pour Teva Rohfritsch, ancien ministre des Finances et du Budget, la fiscalité de la Polynésie est aujourd’hui obsolète et doit être entièrement revue. « Celle-ci s’est construite sur les essais nucléaires or, aujourd’hui, les essais sont finis. A ce jour, 67% des recettes fiscales du Pays sont réalisées sur la consommation des ménages. Quand on regarde la dernière taxe CPS, celle-ci équivaut à 3 points de TVA. Le gouvernement est heureux d’avoir renfloué ses caisses de 9 à 10 milliards de francs grâce à la population toute entière, même celle qui est déjà dans la précarité. Mais, hormis avoir ajouté de la fiscalité en pleine inflation, rien n’a été fait pour créer plus d’activité. Nous voulons revenir à des choix équitables pour que notre population vive mieux et pas pour que le Pays remplisse ses caisses ».

La décentralisation de la gouvernance au niveau des archipels est également un sujet majeur de ce nouveau parti, aux couleurs bleu et jaune, qui estime que les décisions de la vie courante dans les îles doivent être ramenées au plus près des populations concernées. « Aujourd’hui ce n’est pas aux élus de Papeete de décider ce qui est bien pour les habitants de Ua Pou, comme ce n’est pas au gouvernement de Paris de décider des projets courants locaux » a ainsi précisé Teva Rohfritsch.
Enfin, Nicole Bouteau souhaite que ce nouveau parti soit un gage de respect et d’exemplarité « On n’insulte pas nos adversaires pour montrer nos désaccords, on ne joue pas sur le clivage des populations, car aujourd’hui la Polynésie se conjugue au pluriel et on applique à nous-mêmes les lois que l’on impose à nos concitoyens. »

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