2022 « une année exceptionnelle » pour Onati

Thomas Lefebvre-Segard, ex directeur général de Onati. (Photo : DR)

2022 se traduit pour Onati par un retour massif de clients vers les offres téléphonie mobile et fibre de la marque historique. « Une année exceptionnelle », selon Thomas Lefebvre-Segard, le directeur général de la société. Entretien.

Vous avez présenté vos vœux aux salariés de Onati en fin de semaine dernière. Des vœux en forme de remerciements, d’abord, sur une année 2022 que vous dites de reconquête.

« Le but était vraiment de remercier l’ensemble des collaborateurs de Onati pour leur engagement auprès de l’ensemble des Polynésiens et de leur société. Je voulais les remercier pour tous ces clients que nous avons fait venir ou revenir parce que 2022, en terme de croissance sur notre nombre de clients, est une année exceptionnelle. Alors j’entends déjà dire « année exceptionnelle, résultats exceptionnels »… Tel n’est pas le cas. Nous avons des engagements financiers qui sont très lourds chez Onati. Nous maintenons, dans les archipels éloignés principalement, des réseaux qui sont vieillissants, complexes. C’est nous aussi qui renouvelons ces réseaux, sans compter les charges récurrentes de loyers sur les emplacements de certaines de nos infrastructures, ainsi que les frais d’électricité qui y sont accolés. Cela pèse lourdement sur nos comptes. Onati, aujourd’hui, reste le seul opérateur à investir et à travailler au développement dans les archipels éloignés. »

Malgré la concurrence, le volet commercial se maintient-il ?

« Nous avons fait une superbe année commerciale. Nous avons lancé de nouvelles offres, sur la partie mobile, sur la partie fibre, sur la partie entreprise. Nous avons les retours de nos clients qui voient cette transformation qui s’opère chez Onati. Enfin, sur la partie technique, nous avons fait énormément de choses sur 2022. Nous avons dépassé nos objectifs de raccordement fixés par le territoire en termes de potentiels foyers raccordables à la fibre optique, et développé le haut débit dans les archipels éloignés. Nous avons déployés la 4G et la 4G+ qui va apporter qui va apporter pour 97% de la population, du haut débit sur son île de résidence. »

Comment se prépare 2023 pour vous ?

« Nous allons continuer à développer nos infrastructures et nos services pour faire que la Polynésie soit un pôle d’attraction et de développement. L’an prochain, il y aura le câble Natitua sud qui va arriver à Rurutu et Tubuai. Un certain nombre d’îles verront arriver la 4G+.  Ce sera la consolidation de notre réseau et des infrastructures de la Polynésie française. Commercialement, nous allons continuer à travailler notre qualité de service. C’est bien que certains prétendent faire les prix les plus bas… Encore faut-il avoir une promesse de services cohérente. »

Justement, la concurrence vous attaque sur plusieurs fronts ces derniers temps…

« C’est le rôle de la concurrence. Qu’une concurrence existe, c’est un point positif pour les Polynésiens et pour le marché global. Ça permet de se challenger, de se renouveler. Après, il va falloir être attentif sur certaines choses. Il y a des procédures en cours, mais aujourd’hui, Onati est le seul opérateur à s’engager et à investir dans les archipels éloignés. Est-ce normal ? Est-ce normal que sur un certain nombre d’investissements, seul Onati soit sollicité ? Il serait bien qu’une concurrence juste et équilibrée se mette en place. La concurrence, c’est pas la jungle. Tout cela est régi par un certain nombre de règles et il faut que chacun les respecte et respecte ses engagements. Nous respectons les nôtres, il serait bien que la concurrence respecte les leurs et que tout cela se fasse au plus grand bénéfice des Polynésiens. Si les règles de la concurrence ne sont pas respectées, nous serons tous perdants. Ça ne servira pas les consommateurs, ça ne servira pas l’emploi local, ni le développement du Pays. »