Radars automatiques. Désormais possibles, mais c’est pas pour demain

(Photo : AFP)

Une ordonnance du 7 décembre étend et de rend applicable de nouvelles dispositions en Polynésie française, dans les îles Wallis et Futuna et en Nouvelle-Calédonie prises sur le fondement de l’article 254 de la loi du 21 février 2022 dite « 3DS ». Elle procède ainsi à certaines modifications du code de l’éducation, du code de la route, du code de l’environnement et du code des relations entre le public et l’administration pour les rendre applicable en Polynésie française, dans les îles Wallis et Futuna et en Nouvelle-Calédonie.

Petite surprise, elle étend en Polynésie française, dans les îles Wallis et Futuna et en Nouvelle-Calédonie, les dispositions relatives à la possibilité pour les collectivités gestionnaires de voirie d’installer des radars automatiques.

En 2013, le territoire annonçait la mise en place de 11 radars pédagogiques permettant d’indiquer la vitesse à laquelle on roule. Deux étaient prévus sur la côte Est au niveau de Papeno’o et 9 sur la côte Ouest : à Tipaerui et à Punaauia en bas de la RDO, à Taapuna, et à Papara, au niveau du point kilométrique 40.

En 2014, le ministre des Transports, Albert Solia, avait évoqué le sujet, mais rien n’avait été alors mis en place. Il précisait alors que le Pays « n’était pas maître dans ce dossier. » La mise en place des radars automatiques était jusqu’à présent une prérogative de l’Etat.

Relancés depuis deux semaines sur le sujet, la Direction des transports terrestres et le ministère des Transports n’ont pour l’heure toujours pas donné de réponses à nos questions sur le sujet. Les radars automatiques seront-ils installés un jour ? Les 11 radars pédagogiques installés en 2013 fonctionnent-ils toujours ?

Du côté de l’Etat, on nous expliquait cependant que, même si cette disposition était désormais applicable au fenua, elle serait difficile et coûteuse à mettre en œuvre. Sans compter le coût des appareils (environ 70 000 euros soit plus de 8 millions de francs), c’est tout un processus qui devrait être mis en place. Lorsqu’un véhicule est flashé, le cliché part directement au CNT (Centre National de Traitement des infractions routières) à Rennes qui gère ensuite le suivi des amendes. Le tout, en euros, ce qui engendre un autre problème lié à notre autonomie fiscale, celui des paiements en francs CP dans nos propres services de contributions.

Alors que sur les routes, l’installation de ces radars feraient le plus grand bien après une année particulièrement meurtrière (RDO, ligne droite de Papeno’o, ligne droite de Papara, Prince Hinoï, deux fois deux voies de Arue) le « j’voudrais bien, mais j’peux point », a encore de belles heures devant lui.