Budget de fonctionnement du CHPF : Le personnel de l’hôpital prêt à partir en grève

L’ensemble des syndicats des personnels médicaux et non médicaux du CHPF a exprimé hier, au travers d’un communiqué, ses craintes de devoir limiter leurs activités pour répondre à la volonté politique de faire des économies. 

En cause, un budget de fonctionnement pour l’année à venir, non voté, et qui présente un déficit de près de 4 milliards de francs. Selon les syndicats du CHPF, lors du premier conseil d’administration le budget n’a pas été soumis au vote parce qu’il n’était pas à l’équilibre et que le ministre des Finances était absent. Lors du second CA, le ministre de la Santé était présent mais pas Yvonnick Raffin. « Le ministre de tutelle de la CPS n’était pas là. Il s’est fait représenter mais aucune solution à l’impasse financière n’a été apportée donc une nouvelle fois le budget n’a pu être voté », relaie Priscilla Amaru du syndicat des médecins anesthésistes et réanimateurs. 

Contacté à ce sujet, le ministre des finances en charge de la PSG a en effet confirmé qu’il n’était pas présent aux deux CA et a précisé qu’il « découvrait aujourd’hui ce déficit » estimé à 4 milliards de francs. « C’est faux, Mr Raffin était représenté par son collaborateur François Lauret qui durant le CA l’informait par téléphone de la situation », s’est indignée Mireille Duval déléguée syndicale de CSTP-FO et membre du CA. Mais selon Yvonnick Raffin « le budget du CHPF n’est pas de mon ressort mais de celui du ministre de la Santé. De plus tout le monde s’agite alors qu’il y a encore le temps pour voter ce budget. Nous avons jusqu’à la clôture des comptes administratifs fixée à fin mars donc on a le temps. Je ne peux pas apporter de solution maintenant car je découvre le montant du déficit, je ne suis pas au courant, je vais prendre le temps de vérifier tout ça. Et si ce budget n’était pas voté en l’état et bien c’est celui de 2022 qui s’appliquera de fait, c’est la loi ». 

Pour les syndicats, « il n’est pas question d’attendre jusque-là » et ce renvoi de balle est à la fois « inadmissible et indigne car c’est la CPS qui vote la dotation globale de fonctionnement du CHPF depuis toujours donc son ministre de tutelle est le premier concerné par le budget de l’hôpital. Il ne peut pas faire comme-ci il n’était pas informé puisque son représentant nous a dit qu’il fallait attendre son retour. On nous a dit qu’il y aurait un autre CA le 6 janvier », indique Mireille Duval. 

Pour les praticiens hospitaliers et personnels médicaux de l’hôpital qui traversent depuis plusieurs mois une crise de personnels qui les contraint à travailler en mode dégradé, la plus grande crainte est de manquer de budget sur les comptes de fonctionnement courant qui permettent de payer en priorité les divers fournisseurs. « Si l’on ne paie pas, on n’a pas de matériel, Et si on n’a pas un budget correspondant à la réalité de notre activité alors il va falloir faire des choix. Donc en tant que médecin on va devoir dire aux patients ‘voilà ce dont vous souffrez, voilà ce qu’il faut faire pour vous soigner mais nous n’en n’avons pas les moyens donc on va vous évasaner en France.’ C’est exactement la politique opposée à ce que souhaite la Polynésie depuis toutes ces années. Les politiques doivent accepter et se rendre à l’évidence que la population polynésienne n’est pas en bonne santé.« 

Si le 6 janvier une solution n’est pas trouvée pour voter le budget, les syndicats annoncent déjà un mouvement de grève sans précédent.