Emploi. Les secteurs qui recrutent le plus en Polynésie

La chef de service de l’emploi au Sefi, Vanessa Tiaipoi insiste sur le fait que les recruteurs, tout secteur confondu, attendent surtout des compétences de savoir-être et savoir-vivre en entreprise. (Photo : Jennifer Rofes)

L’activité économique du Pays, après deux années de crise sanitaire, a pu redémarrer en 2022. Après une année de reprise, la Dépêche de Tahiti a souhaité faire le point sur les métiers porteurs et sur les secteurs qui recrutent le plus sur le territoire. Selon Vanessa Tiaipoi, chef du service au Service de l’emploi, en 2022 l’organisme a enregistré 6 800 offres dont 4 000 nouvelles en provenance de 2 000 entreprises différentes du territoire. 

Au travers de ces offres d’emploi, cinq secteurs d’activités sortent du lot : Les activités de service, l’hébergement et la restauration, le commerce, les activités de services administratifs et la construction. « Le secteur tertiaire est prédominant ici comme ailleurs. C’est aussi le cas de ce qu’on appelle les métiers de support à l’entreprise, qui représentent un tiers des métiers, donc tout ce qui touche à l’administratif, à la comptabilité, à l’informatique. La construction remonte énormément aussi grâce notamment à tous les projets qui se sont lancés et à la relance publique. Les entreprises du BTP ont besoin de main d’œuvre. Il y a aussi de la demande dans tous les métiers de l’hôtellerie, de la restauration et du service à la personne qui sont des secteurs qui recrutent beaucoup » analyse Vanessa Tiaipoi.

Elle ajoute, toutefois, que ses observations concernent uniquement le Sefi « il ne s’agit pas d’une liste exhaustive car toutes les offres d’emploi ne transitent pas par nous, mais c’est en tout cas la tendance que nous observons ici ». 

Concernant les métiers dits « en tension », ce qui signifie qu’il y a plus d’offres que de demandes ou inversement, deux corps de métier se distinguent : celui d’ingénieur et études du BTP et celui de management du service en restauration. « On a clairement du mal à recruter des assistants de direction en hôtellerie, le métier de concierge aussi peine à recruter, on a aussi du mal à trouver des réceptionnistes ou encore des sommeliers et pourtant on peut dire qu’en Polynésie on est plutôt bien lotis car on a un lycée hôtelier. »

Selon cette professionnelle, plusieurs raisons peuvent cependant justifier ces difficultés de recrutement « il est certain que sur des postes très pointus, il peut y avoir un manque de compétence qui justifie que l’offre ne trouve pas preneur mais pas seulement. Dans l’hôtellerie par exemple, les raisons peuvent être géographiques car les offres ne sont pas uniquement basées sur Tahiti. Il y a beaucoup de demandes pour les Raromatai et notamment pour Bora Bora qui a de nombreux projets hôteliers en cours. Or les demandeurs d’emploi, même s’ils ont les compétences, ne sont pas forcément mobiles. Il y a aussi l’attractivité du secteur qu’il faut prendre en compte et des secteurs comme l’hôtellerie ou le commerce ne sont pas toujours très attractifs parce que contraignant en termes d’horaires, de disponibilité… » 

Selon Vanessa Tiaipoi d’autres métiers ont connu, avec la crise sanitaire, une véritable expansion. Il s’agit notamment de tous les métiers du numérique et du digital. « Dans le numérique, tous les secteurs recrutent. Les entreprises recherchent des développeurs web, des développeurs informatiques, des community manager… Aujourd’hui je conseille à tous les jeunes qui poursuivent leurs études et aux demandeurs d’emploi de se former au digital, d’être à l’aise avec les outils informatiques car toutes les entreprises ont désormais besoin de ces compétences. »

Enfin concernant les attentes communes de tous les recruteurs, indépendamment du secteur d’activité, Vanessa Tiaipoi souligne qu’elles se portent sur ce qu’on appelle le  « soft skills ». « Hormis les compétences techniques ce sont surtout les compétences transversales qui sont le plus demandées. Les recruteurs veulent des personnes qui ont du savoir-vivre et du savoir-être, qui sont capables d’apprendre, de s’intégrer facilement dans une organisation, qui connaissent les règles de vie en communauté, qui connaissent les contraintes du travail et qui s’en accommodent. C’est vraiment ça qui fait la différence ».