Justice : TRE Transports et les grévistes déboutés

Moeava Helme de la CSTP/FO prend connaissance de la décision... Saisi en référé, le tribunal de grande instance a renvoyé dos à dos TRE Transports et les grévistes représentés par le syndicat. (Photo : Damien Grivois)
Moeava Helme de la CSTP/FO prend connaissance de la décision... Saisi en référé, le tribunal de grande instance a renvoyé dos à dos TRE Transports et les grévistes représentés par le syndicat.

La déception est de taille pour la centrale syndicale CSTP/FO, et surtout pour les employés de TRE Transports qui ont cessé le travail depuis le 22 décembre. Saisi en référé, le tribunal de grande instance décide de débouter les deux parties de leurs demandes.

La décision est communiquée ce mardi 3 janvier à 14h, dans la cour du palais de justice juste occupée par quelques grévistes, des représentants de TRE Transports… et quelques agents de la Police nationale.

TRE Transports avait soulevé l’irrecevabilité du mouvement de grève, tandis que le syndicat mettait en avant quatre infractions relevées par l’inspection du travail, lors d’un contrôle, et permettant à TRE Transports de continuer à alimenter l’Huilerie en coprah venu des îles.

« A notre niveau, le syndicat peut faire appel ou engager une nouvelle requête, la décision ne remet pas en cause la légalité du mouvement de grève » explique Moeava Helme, permanent syndical. « Pour TRE Transports, le transfert des salariés n’est pas automatique, nous le savons depuis deux semaines. La société estime qu’une question de droit est soulevée sur le fond. »

La CSTP/FO se donne le temps de la réflexion avant de décider de la suite des opérations. « C’est un sentiment de déception et de tristesse, pour nous mais aussi et surtout pour les salariés, puisque le caractère illicite des actions de TRE Transports n’a pas été retenu » reconnaît Moeva Helme. « La plupart des employés se sont mis en grève avec un contrat de travail, à durée déterminée ou indéterminée. Cinq n’ont pas signé mais auraient dû le faire pour davantage de sécurité. »

La CSTP/FO estime que TRE Transports n’a pas transféré les salariés, car aucun contrat de travail n’a été signé. « Au bout de la première journée, si tu n’as pas signé de contrat de travail, tu dois être considéré comme étant en contrat à durée indéterminée d’office » rétorque Moeava Helme, « donc a priori, tout le monde est en CDI, sans transfert. »

Un durcissement du mouvement à Motu Uta, visant par exemple à empêcher l’acheminement des sacs de coprah vers l’usine de l’Huilerie de Tahiti, ne semble pas à l’ordre du jour, selon la CSTP/FO.
Les représentants de TRE Transports ne souhaitent pas s’exprimer. Pas plus que le PDG de l’Huilerie de Tahiti, Henri Leduc, qui fait une courte apparition au Palais de justice et le quitte avant même le rendu de la décision.