La France promet à l’Ukraine des chars de combat légers

Les alliés européens de l'Ukraine ont déjà livré des chars de conception soviétique, mais jamais encore de chars de facture occidentale, malgré les demandes répétées de Kiev.
Les alliés européens de l'Ukraine ont déjà livré des chars de conception soviétique, mais jamais encore de chars de facture occidentale, malgré les demandes répétées de Kiev. (Photo AFP)

Paris a promis à l’Ukraine de lui livrer des chars de combat légers AMX-10 RC, de facture
française, en réponse aux besoins pressants de Kiev pour affronter l’armée russe, a annoncé
ce mercredi 4 janvier le président Emmanuel Macron à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky.

« Le président a souhaité amplifier l’aide » militaire déjà apportée à Kiev « en acceptant de
livrer des chars de combat légers »
, a expliqué la présidence française à l’issue d’un coup de
téléphone d’une heure entre les deux dirigeants, en précisant que « c’est la première fois que
des chars de conception occidentale sont fournis aux forces armées ukrainiennes »
.

Les alliés européens de l’Ukraine ont déjà livré des chars de conception soviétique, mais
jamais encore de chars de facture occidentale, malgré les demandes répétées de Kiev.
L’Allemagne notamment rechigne à livrer des chars de combat Leopard-2.

Paris, de son côté, n’a pour l’heure pas l’intention de fournir à Kiev ses chars lourds Leclerc de 56 tonnes dotés d’un canon d’une portée de 4000 mètres, dont l’armée de Terre française possède 200
exemplaires. Mais la France en a déployé treize en Roumanie, pour renforcer la frontière
orientale de l’OTAN.

Les AMX-10 RC, dont la production a démarré dans les années 1980, sont des chars légers de
près de 25 tonnes dotés de canons de 105 mm, montés sur roues et non sur chenilles donc
« très mobiles », « certes anciens mais performants », fait valoir un conseiller de l’Elysée.
L’armée de Terre française, qui en possède près de 250, est en train de les remplacer
progressivement par l’engin blindé de reconnaissance et de combat de nouvelle génération
Jaguar, de classe 25 tonnes.

Les ministres de la Défense français et ukrainien vont échanger « très vite pour définir les
modalités »
de ces livraisons, tant sur les délais que sur le nombre de chars, a précisé à l’AFP
le ministère des Armées français.

D’autres livraisons envisagées

Selon Paris, Emmanuel Macron, qui a réaffirmé à Volodymyr Zelensky le « soutien
indéfectible »
de la France « jusqu’à la victoire », a ainsi voulu « manifester la pérennité et la
continuité »
de l’aide militaire française.

Les discussions se poursuivent par ailleurs entre Kiev et Paris sur l’envoi d’autres types de
véhicules blindés « pour les aider à renforcer leurs capacités de transport protégé et d’attaque
avec des unités blindées »
, fait-on valoir dans l’entourage de la présidence française.
Cette annonce intervient alors que certaines voix en Europe affirment parfois que la France
fournit un soutien trop tiède à l’Ukraine.

Un classement du Kiel Institute for the World economy en décembre place la France en 10e
position, derrière le Royaume Uni, la Pologne ou l’Allemagne, pour son soutien militaire à
Kiev, assuré essentiellement par les Etats-Unis.

Depuis le début du conflit en février, la France a notamment fourni 18 canons Caesar de 155
mm d’une portée de 40 km, montés sur camion, des missiles antichar et anti-aérien, des
véhicules de l’avant-blindé (VAB), et plus récemment des lance-roquettes ainsi que des
batteries de missiles Crotale.

Paris envisage aussi de fournir à Kiev six à douze canons Caesar supplémentaires, prélevés
sur une commande destinée au Danemark. « On est toujours en discussion avec le Danemark, le sujet n’est pas clos », a commenté mercredi l’Elysée.

AFP