L’augmentation du coût du travail inquiète la CPME pour 2023

Christophe Plée, président de la CPME, explique que la hausse du coût du travail favorise le travail clandestin.
Christophe Plée, président de la CPME, explique que la hausse du coût du travail favorise le travail clandestin. (Archives LDT)

« Les prix ne font qu’augmenter. Il faut vraiment que ça se calme… » Christophe Plée, le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), espère que la spirale inflationniste va enfin cesser en 2023.

Il souhaite surtout que le coût du travail soit maintenu et ne dérape pas davantage. « Nous sommes à 3,8% d’augmentation du salaire minimum garanti en janvier 2023, c’est un niveau qui favorise clairement le travail clandestin, ou le recours à des faux-patentés » dénonce le représentant des petites et moyennes entreprises.

Il reconnaît « ne pas être totalement satisfait » de l’action des pouvoirs publics, notamment concernant les « promesses non tenues » relatives « au fléchage et à l’affectation » des contributions sociales. La hausse des taux d’intérêt bancaires est également de nature à inquiéter le « petit patronat », qui liste les nombreux risques susceptibles de mettre en danger les marges bénéficiaires des entreprises.

Selon Christophe Plée, 2023 est même « l’année de tous les dangers » avec des élections territoriales qui pourraient être le théâtre – au niveau économique – de « surenchères » et de « propositions démagogiques » de la part des différentes listes en concurrence.

L’horizon reste sombre, ou au moins incertain, au niveau international, avec de l’inflation et une hausse du coût du transport. « Malgré tout, on se veut plutôt optimistes » indique le patron de la CPME, qui cite la stabilisation des prix du pétrole brut, ou encore une légère baisse du dollar américain. « Les coûts devraient diminuer, mais on ne le voit pas encore arriver ».

La CPME évoque également ce « beau projet » qui vise à réunir, à compter du 6 mars 2023 à Auckland, 60 hommes et femmes d’affaires polynésiens avec 60 de leurs homologues néo-zélandais. Du « jamais vu » qui pourrait à terme voir « un prolongement en Australie ».

Christophe Plée se félicite des bons chiffres actuels du secteur touristique, mais alerte sur la situation inquiétante des restaurants, des discothèques… « qui subissent une deuxième crise économique. »

L’année 2023 est-elle propice à remettre sur la table le projet de caisse de chômage, puisque l’exécutif a indiqué lors d’une séance de l’assemblée que le principe n’était plus tabu ? « Le terme d’assurance chômage est inapproprié, il n’est pas question un seul instant de payer des gens à ne rien faire chez eux » prévient Christophe Plée. « Il s’agirait plutôt d’un dispositif liée à la fin d’activité accidentelle, réservé aux seuls licenciés économiques ».
Avec la sempiternelle question qui demeure en suspens : qui va payer ?