Les Bourses bondissent, pétrole, gaz et taux obligataires chutent

Les Bourses mondiales étaient bien orientées mercredi, surtout les places de la zone euro qui ont bondi d'environ 2%, sur fond de ralentissement de l'inflation, chute des prix du gaz et du pétrole, ainsi que baisse des taux obligataires.
Les Bourses mondiales étaient bien orientées mercredi, surtout les places de la zone euro qui ont bondi d'environ 2%, sur fond de ralentissement de l'inflation, chute des prix du gaz et du pétrole, ainsi que baisse des taux obligataires. (Timothy A.Clavoy/AFP)

Les Bourses mondiales étaient bien orientées ce mercredi 4 janvier, surtout les places de la zone euro qui ont bondi d’environ 2%, sur fond de ralentissement de l’inflation, chute des prix du gaz et du
pétrole, ainsi que baisse des taux obligataires.

Les Bourses européennes ont enchaîné leur troisième séance consécutive de hausse: Paris a
bondi de 2,30%, Francfort de 2,18%, Milan de 1,74% et l’indice européen de référence
Eurostoxx 50 de 2,36%. Seule la Bourse de Londres a fini plus modestement, grappillant
0,41%, lestée par le repli des valeurs pétrolières et minières. Wall Street se montrait plus prudente: le Dow Jones gagnait 0,71%, le S&P 500 prenait 1,15% et le Nasdaq 1,04%, vers 17H05 GMT.

Franklin Pichard, directeur général de Kiplink Finance, note une « totale décorrélation entre
les marchés américain et européens »
, une tendance « qui pourrait être intéressante cette
année »
.

La vague d’optimisme en Europe a été engendrée par le repli des prix du gaz naturel, combiné
au tassement de l’inflation en Allemagne et en France en décembre, permettant un recul des
rendements obligataires. L’inflation française a ralenti plus qu’attendu au mois de décembre, à 5,9% sur un an, contre 6,2% en novembre, selon l’estimation provisoire publiée par l’Insee mercredi. Une bonne
surprise après l’annonce la veille d’un taux d’inflation allemand ramené sous la barre des
10% pour la première fois depuis août dans la première économie d’Europe. « Si l’inflation est en train de se réduire, peut-être que la situation sera moins dramatique qu’elle a pu être anticipée », signale M. Pichard.

Chute des prix du gaz et du pétrole

D’autant plus que la chute des prix du gaz et du pétrole renforce l’hypothèse d’un recul de
l’inflation plus fort que prévu pour l’instant. Le contrat de référence du gaz naturel européen, le TTF néerlandais, a touché mardi un plus bas depuis fin novembre 2021, effaçant les gains enregistrés en 2022 dans le sillage de la guerre en Ukraine. Il valait 64,60 euros le mégawattheure, en baisse de 10,67% vers 17H00 GMT.

Les prix du pétrole ont perdu autour de 5% en séance, lestés par les inquiétudes autour de la
situation sanitaire en Chine. Vers 17H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour
livraison en mars valait 78,60 dollars (-4,29%) et celui de West Texas Intermediate (WTI) pour
livraison en février 73,47 dollars (-4,50%).

En réaction, les taux obligataires reculaient nettement, influencés par les anticipations en
matière de politique monétaire: le rendement français de l’emprunt à 10 ans tombait ainsi à
2,78%, un fort repli par rapport au 3,09% de vendredi à la clôture, un record depuis 10 ans. Le
taux américain à 10 ans baissait de façon moindre, à 3,70%, vers 16H55 GMT, contre 3,74%
mardi.

Les indices de New York ont été freinés en début de séance par la publication d’un indice
d’activité manufacturière ISM en repli à 48,4 en décembre, un peu moins que prévu.
En deuxième partie de séance américaine, la publication du procès-verbal de la dernière
réunion de la banque centrale américaine (Fed) devrait « décider des dernières heures
d’échanges, même si les investisseurs s’interrogent sur le fait de savoir s’ils vont apprendre
quelque chose de nouveau »
, a estimé Sam Stovall de CFRA.

Plus tôt, Hong Kong a bondi de plus de 3%, portée par les valeurs de la tech et la perspective
de nouvelles mesures budgétaires pour soutenir l’économie chinoise.

La filiale du conglomérat américain General Electric (GE) dédiée au secteur de la santé a fait
son entrée sur le Nasdaq, marquant la première étape de la scission de l’ancien géant
industriel en trois sociétés distinctes. Le titre de GE HealthCare Technologies gagnait 6,15% et celui de GE 3,46%.

Le dollar reculait face à l’euro et à la livre après ses gains de mardi. Vers 17H00 GMT, le billet
vert perdait 0,66% face à la monnaie européenne unique, à 1,0619 dollar pour un euro, et
0,75% face à la devise britannique, à 1,2060 dollar pour une livre.
Le bitcoin, considéré comme un actif risqué, progressait de 1,170% à 16.855 dollars.

AFP