Cancer. Six femmes à l’assaut du Pacifique à la force des bras

La traversée s'inspire de l'expédition emblématique du Kon-Tiki, ce radeau parti à la dérive en 1947 pour démontrer que le peuplement de la Polynésie avait pu se faire à l'époque précolombienne à partir de l'Amérique du Sud. (Photo : AFP)

« Relier Lima à Moorea » sur une planche à la force des bras, soit 8.000 km dans le Pacifique: tel est « le défi mondial inédit » auquel se sont attaquées six femmes parties mercredi soir du Pérou pour une aventure solidaire contre le cancer.

« C’est un projet de trois ans qui se matérialise aujourd’hui, on va ramer jour et nuit pour tenter de rejoindre fin mars Moorea », en Polynésie française. « Toutes les heures, on alternera », explique sur un ponton du club de voile de Lima Stéphanie Geyer Barneix. Cette Française de 47 ans, qui a elle-même vaincu quatre cancers, est à l’origine de ce projet baptisé « Cap optimist » destiné à aider les enfants atteints de cancer et leurs accompagnants.

Les six femmes, cinq Françaises et une Espagnole, dont quatre sont championnes du monde de sauvetage en mer, âgées de 22 à 47 ans, entendent parcourir cinq à six kilomètres par heure, escortées par un catamaran d’assistance, couchées ou accroupies sur une grande planche de paddle.

La traversée s’inspire de l’expédition emblématique du Kon-Tiki, ce radeau parti à la dérive en 1947 pour démontrer que le peuplement de la Polynésie avait pu se faire à l’époque précolombienne à partir de l’Amérique du Sud.

« Pour les enfants malades »

« Au début, il est apparu que le chemin le plus court passait par le Mexique, mais ensuite on a découvert l’histoire du Kon-Tiki, qui nous a beaucoup inspirées car il a été réalisé par six hommes et nous, nous sommes six femmes (…) Nous voulons entrelacer ces histoires », explique Stéphanie Geyer Barneix.

« C’est un grand défi sportif de pouvoir faire ce grand voyage », a déclaré l’Espagnole Itziar Abascal, 34 ans, la première à prendre le relais. « J’ai vécu le cancer de très près », ajoute-t-elle, expliquant avoir vu ses parents malades. « Ils m’ont appris qu’il ne faut jamais abandonner ».

« C’est la devise de notre projet, continuer jour après jour, étape par étape jusqu’à ce que nous atteignions la Polynésie, c’est un peu comme la maladie, jour après jour et étape par étape », a-t-elle ajouté avant de quitter Lima.

« Cap optimist » entend récolter des fonds pour l’association Hope team east qui accompagne, par le sport, des personnes en cours et post traitement de maladies chroniques vers un mieux-vivre.

« On est ici pour ramer pour les enfants malades (…) On a tous des océans à traverser. Si eux, et leurs familles, traversent la maladie, qu’ils tiennent bon, car demain il y aura des jours meilleurs », dit Stéphanie Geyer Barneix, présidente de Hope team east.

« Ces filles aussi – Alexandra Lux, Emmanuelle Bescheron, Marie Goyeneche et Margot Calvet membres de l’équipe avec Itziar Abascal – ont eu des océans à traverser, et par le sport on a réussi à traverser ces difficultés, ces épreuves, et on souhaite transmettre les bienfaits du sport », affirme-t-elle, invitant à suivre leur parcours en direct sur www.capoptimist.com.

AFP