Arue réfléchit à la manière d’ancrer l’ancien site de défense à l’océan

Il a été demandé aux élus de s’exprimer sur l’ambition du lieu et de se projeter pour un réaménagement idéal sur l’ensemble du site.
Il a été demandé aux élus de s’exprimer sur l’ambition du lieu et de se projeter pour un réaménagement idéal sur l’ensemble du site. (Visuel Opua)

La commune de Arue souhaite organiser une « centralité » en lieu et place des terrains de l’Etat qui lui ont été rétrocédés en mai 2017 dans le cadre du contrat de revitalisation des sites de la défense (CRSD) et en considérant les terrains communaux situés côté mer : complexe sportif Boris Léontieff, Yacht-Club de Tahiti, coopérative des pêcheurs, skate-park, école de voile, motu…

La Dépêche de Tahiti s’est procuré des éléments du compte rendu de l’atelier aménagement du CRSD proposé par l’agence d’aménagement durable des territoires de la Polynésie française Opua. Cette rencontre qui s’est tenue au quatrième trimestre 2022 à Arue réunissait la tavana de Arue Teura Iriti, des élus du conseil municipal, Alexandre Vodicka, directeur général des services, des agents des services techniques, sureté et sécurité, Bruno Jouvin de Pae Tai Pae Uta (PTPU), bureau d’études polynésien indépendant et trois représentants de Opua.

Elle atteste d’une volonté de créer un pôle d’attraction à Arue, avec une ribambelle d’idées et de propositions que les élus étudient lors de ces rencontres successives entre partenaires. La direction générale des services indique qu’elle souhaite faire émerger « l’esprit du projet » avec l’expression d’une « colonne vertébrale » d’aménagement.

Le périmètre d’étude opérationnel représente une surface minimale de 7,5 ha répartie de part et d’autre de la route de ceinture, côté mer et côté montagne. Les surfaces moyennes sont de 3 ha pour le site du CRSD « qui sera entièrement dépollué, déconstruit et libre de toute occupation », et de 3,4 ha pour le complexe sportif avec ses terrains et salles de sport, le Yacht Club de Tahiti et le marché avec sa coopérative de pêcheurs. Il faut aussi compter 1 ha pour le motu avec ses fare associatifs. La commune possède un foncier de moins de 5 000 m2 abritant les services techniques communaux. 

Synergie mer, sport, nature

L’ambition de la commune de Arue est de créer « un espace multifonctionnel et multigénérationnel » où l’on trouve et retrouve les sports nautiques, les produits de la mer, un tourisme local littoral (promenade, restauration et petit commerce), des activités liées une technologie marine (réparation de moteurs…), de l’ingénierie de production d’énergies marines, des points de vente d’équipements, d’outillages et accessoires nautiques….

Reliée par un « cordon bleu » qu’est la rivière Puo’oro, la zone nord offrirait une façade attractive et conviviale. Pour la zone sud, les élus envisagent l’accueil d’un nouveau complexe sportif normalisé, ouvert à la compétition comme aux associations sportives, culturelles et récréatives de la commune ainsi qu’une zone d’économie productive (petite industrie, bureaux, salles de formation…).

Par ce projet d’aménagement, la commune de Arue indique qu’elle souhaite faire prendre conscience de la synergie entre la mer, le sport et la nature. Les élus souhaitent offrir à l’ensemble de la population « un accès mer visible et ouvert à tous, où se côtoient des fonctions liées à la santé, le sport, le commerce, l’activité et la productivité avec une prédominance bleue ».

 Le projet prévoit d’associer le nom du quartier Papaoa désignant la célébration avec la création d’une salle des fêtes, ou encore déplacer les écoles de danse ori’ tahiti et de percussions vers de nouvelles structures « insonorisées » côté montagne. 

Un centre culturel à l’étude

La dimension culturelle n’est pas oubliée. Lieu de mémoire, le site recèle une histoire à mettre en valeur : le règne de la dynastie Pomare, la toponymie du lieu, du district Papa’oa (Arue) au quartier Papa’oa (lieu de cérémonie et consécration), les discussions avec le capitaine Cook, l’axe historique emprunté par la rivière Puo’oro dénommée « Bassin du Roy » (qui deviendrait « corridor écologique »).

Le site est également empreint de danses et percussions en préparation du Heiva. Selon les élus de Arue, ces activités doivent être préservées et renforcées avec la construction de salles de répétition insonorisées (1 200 m2 minimum), inclus dans un complexe immobilier sur plusieurs niveaux, mutualisables.

Ce complexe immobilier deviendrait le centre culturel de la commune comprenant une salle polyvalente, des espaces associatifs, une bibliothèque avec un espace dédié au tourisme et à l’histoire de Arue, des locaux de formations en lien avec les collège et lycée environnants, le centre des métiers d’arts, l’Université et le centre militaire en partenariat avec l’armée…

La planification spatiale ou la mise en place d’un PGEM sont évoquées par les élus pour réglementer le plan d’eau et gérer la présence des bateaux de plaisance et de pêche, les va’a, les jet-ski…. Il envisagent aussi de profiter de la présence du lagon pour aménager une plage et/ou une piscine naturelle d’eau de mer. 

Des propositions et idées par dizaines

– Garantir le déplacement doux des écoliers et doter les établissements scolaires (collège et lycée) de liaisons piétonnes avec des trottoirs dans un premier temps. Réflexion à apporter quant aux pistes cyclables (vélos, trottinettes) et le transport en commun dédiant une voie en site propre,

– Sécuriser la traversée de la RT2 pour faciliter les échanges entre les 2 sites avec des passages piétons pour garantir la traversée et l’accessibilité des sites aux personnes à mobilité réduite (PMR), une infrastructure en hauteur (passerelle, pont construit…) qui franchirait la RT2

– Un large terre-plein central pour faciliter la traversée et rompre la linéarité de la voie,

– En intercommunalité, pacifier le flux voiture pour que la zone entre les deux ronds-points ne soit plus une zone d’étranglement,

– Profiter du site coté montagne pour fluidifier la circulation inter quartier, notamment avec un maillage piéton dans un premier temps,

– Prévoir un sens unique pour éviter la circulation intensive des véhicules.

– Dans le cadre du développement des transports collectifs maritimes avec une navette Grand Papeete-Taravao, imaginer la construction d’un débarcadère associé à un parking multimodal, qui servirait également de départ pour Tetiaroa ou le sentier maritime,

– Questionner l’opportunité du débarcadère ou de la « Petite » marina ? Tout en conservant la dimension du Yacht-Club

– Circuler le long de la rivière aménagée en parcours de santé,

– Garantir la bonne qualité des eaux de baignade du site et agir sur les éventuelles pollutions des cours d’eaux,

– Fragilisé et fortement érodé, sécuriser le motu pour pouvoir le rendre accessible au public,

– Augmenter la capacité de stationnement des bateaux avec la création d’un port à sec pour la plaisance (inexistant sur la cote Est). Approfondir cette question capacitaire à l’attention des professionnels de la pêche qui pourraient libérer du foncier en bord de mer.

Dimensionner les parkings pour répondre à l’activité actuelle et celle à venir (complexe sportif, évènement associatif, restaurants…),

– Rassembler les places de stationnements des activités du site en un ouvrage principal (à étage si nécessaire avec un Parking silo). 

Le périmètre d’étude opérationnel représente une surface minimale de 7,5 ha répartie de part et d’autre de la route de ceinture, côté mer et côté montagne. (Photo : Damien Grivois)
Par ce projet d’aménagement, la commune de Arue indique qu’elle souhaite faire prendre conscience de la synergie entre la mer, le sport et la nature. (Photo : Damien Grivois)
L’ambition est de créer « un espace multifonctionnel et multigénérationnel » où l’on trouve et retrouve les sports nautiques, les produits de la mer, un tourisme local littoral, des activités liées une technologie marine (réparation de moteurs…), de l’ingénierie de production d’énergies marines, des points de vente d’équipements, d’outillages et accessoires nautiques…. (Photo : Damien Grivois)
Ces anciens terrains de l’Armée sont inutilisés depuis plus de cinq ans. (Photo : Damien Grivois)
Les élus souhaitent offrir à l’ensemble de la population « un accès mer visible et ouvert à tous, où se côtoient des fonctions liées à la santé, le sport, le commerce, l’activité et la productivité avec une prédominance bleue ». (Photo : Damien Grivois)