Brésil: des bolsonaristes envahissent le Congrès, le palais présidentiel et la Cour suprême

Une véritable marée humaine de manifestants vêtus de jaune et vert a pris d’assaut les principaux lieux de pouvoir du pays à Brasilia. Des images impressionnantes qui rappellent l’invasion du Capitole à Washington en janvier 2021.
Une véritable marée humaine de manifestants vêtus de jaune et vert a pris d’assaut les principaux lieux de pouvoir du pays à Brasilia. Des images impressionnantes qui rappellent l’invasion du Capitole à Washington en janvier 2021. (Photo : AFP)

Des centaines de partisans de l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro ont envahi, ce dimanche 8 janvier, le Congrès, le palais présidentiel et la Cour suprême à Brasilia, une semaine après l’investiture du président de gauche Lula dont ils refusent l’élection.

Une véritable marée humaine de manifestants vêtus de jaune et vert a pris d’assaut les principaux lieux de pouvoir du pays à Brasilia, a constaté l’AFP, des images impressionnantes qui rappellent l’invasion du Capitole à Washington en janvier 2021.

Sur les réseaux sociaux, on peut voir des vidéos montrant des bureaux de parlementaires détériorés ou des manifestants debout sur les sièges de l’hémicycle de Sénat.

Les dégâts semblent considérables, dans ces bâtiments qui sont des trésors de l’architecture moderne et regorgent d’œuvres d’art.

La zone près de la Place des trois pouvoirs, où se côtoient le Palais présidentiel de Planalto, la Cour suprême et le Congrès, avait été pourtant bouclée par les autorités, mais les bolsonaristes sont parvenus à rompre les cordons de sécurité.

Les policiers, qui semblaient complètement débordés, ont tenté, en vain, de les repousser avec du gaz lacrymogène.

« Cette tentative absurde d’imposer une volonté par la force ne va pas prévaloir. Le gouvernement du District fédéral (de Brasilia) va envoyer des renforts et les forces dont nous disposons sont en train d’agir », a déclaré sur Twitter Flavio Dino, ministre de la Justice et de la Sécurité publique.

Samedi, M. Dino avait autorisé le déploiement d’agents de la Force Nationale, une force spéciale de police parfois envoyée dans les différents Etats en cas de menace contre la loi et l’ordre.

Demande d’intervention militaire

« Il faut qu’on rétablisse l’ordre, après cette élection frauduleuse », a dit à un journaliste de l’AFP présent sur place Sarah Lima, ingénieure pro-bolsonaro de 27 ans venue de Goianesia, à 300 km de Brasilia.

Lula, 77 ans, était absent de Brasilia dimanche: il s’est rendu à Araraquara, ville de l’Etat de Sao Paulo (sud-est) dévastée par des inondations en fin d’année.

Des bolsonaristes manifestaient déjà devant des casernes militaires depuis la défaite de peu du président sortant d’extrême droite face à Lula le 30 octobre.

Ils réclamaient l’intervention de l’armée pour empêcher ce dernier de revenir au pouvoir pour un troisième mandat, après ceux de 2003 à 2010. Certains d’entre eux ont également bloqué des axes routiers pendant plus d’une semaine après l’élection.

Jair Bolsonaro, qui n’a jamais félicité Lula de son élection et a boudé son investiture, a quitté le Brésil deux jours avant la fin de son mandat et se trouve en Floride, aux Etats-Unis.

L’investiture s’est déroulée le 1er janvier à Brasilia sans incident majeur, en présence de dizaines de milliers de partisans de Lula.