Des députés d’Outre-mer réunis pour « enfin être entendus »

Moetai Brotherson, député de Polynésie et président de la délégation aux Outre-mer à l’Assemblée nationale. (Photo archives : DR)
Moetai Brotherson, député de Polynésie et président de la délégation aux Outre-mer à l’Assemblée nationale. (Photo archives : DR)

Des députés ultramarins de différents groupes de gauche et indépendants se sont réunis dans un collectif pour « enfin être entendus » sur les difficultés de leurs territoires en matière de santé et de vie chère, ont-ils annoncé jeudi à l’Assemblée nationale.

Ces élus des rangs GDR (à majorité communiste), LFI, socialiste et du groupe indépendant Liot reviennent d’un séminaire de travail en Guyane où ils ont planché sur les difficultés communes à leurs territoires.

Ils s’indignent du « sous-développement systémique » des Outre-mer et demandent à la Première ministre Élisabeth Borne un rendez-vous « d’urgence », a souligné l’élu guyanais Davy Rimane (GDR), entouré d’une dizaine de collègues lors d’un point de presse.

Le collectif est né de la « nuit du 24 novembre » à l’Assemblée nationale, lorsque la majorité avait fait de l’obstruction pour empêcher d’aller au bout de l’examen d’un texte LFI visant à réintégrer les soignants non vaccinés contre le Covid-19.

Le ton était monté dans l’hémicycle et plusieurs élus ultramarins avaient fustigé l’attitude de la majorité.

Après cet épisode, ces députés de différents territoires d’Outre-mer ont décidé de se rassembler, afin de « chasser en meute » et mieux faire entendre leurs revendications pour lutter contre la vie chère et les déserts médicaux, a indiqué le LFI Jean-Hugues Ratenon, député de La Réunion.

« C’est un changement de paradigme. On ne veut plus faire semblant de dialoguer. On veut être entendus et écoutés », a réclamé Moetai Brotherson (GDR), député de Polynésie et président de la délégation aux Outre-mer à l’Assemblée nationale.

Après le séminaire en Guyane, ce collectif « des territoires du 97 » (la codification Insee des territoires ultramarins) entend se retrouver à La Réunion mi-2023 pour continuer ses actions.

Plusieurs élus ont dénoncé le « mépris » de l’Etat pour leurs territoires. « Nous sommes des citoyens à part entière », a insisté Karine Lebon (La Réunion), du groupe GDR.

Le Guadeloupéen Christian Baptiste, apparenté socialiste, a réclamé une « décolonialité » pour « sortir de cette relation verticale » entre Etat et territoires ultramarins.

Le collectif conteste l’expression « Outre-mer », renvoyant ces territoires à une « marge », et compte proposer une nouvelle dénomination prochainement.

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© Agence France-Presse