Retraites – Forte mobilisation attendue jeudi par les syndicats et le gouvernement

Le projet du gouvernement vise à reporter progressivement à 64 ans l'âge de départ à la retraite, au lieu de 62 ans actuellement, tout en accélérant l'allongement de la durée de cotisation. (Photo : AFP)

La première journée de mobilisation contre la réforme des retraites à l’appel de l’intersyndicale, le 19 janvier, s’annonce « très forte », ont prédit dimanche plusieurs opposants au projet du gouvernement qui s’attend lui-même à voir « du monde dans la rue ».

« Ce sera une très très forte mobilisation. Il faut que ce soit du niveau de 1995, même de 2010 », a déclaré dimanche sur France 3 le numéro un de la CGT, Philippe Martinez.

Dans le Journal du dimanche, le secrétaire national du PCF Fabien Roussel a exhorté « un million » de Français « à déferler dans la rue » jeudi.

La CGT « fait tout pour » qu’il y ait plus d’un million de Français au rendez-vous« , a déclaré Philippe Martinez qui souhaite également « des grèves dans les entreprises publiques et privées ».

Il a précisé se fier au « nombre de cars commandés pour aller aux manifestations », aux « préavis de grève déposés depuis longtemps » dans les services publics et les transports, et aux nombreux salariés « qui nous appellent pour nous demander comment on fait grève ».

« Les grandes entreprises publiques vont avoir des manifestations très fortes et des taux de grévistes très forts », a aussi anticipé sur LCI le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux.

« Je ne sais pas comment ça va se passer dans le privé mais je ne sens pas la même chose, sur les retraites en tout cas », a aussitôt tempéré le dirigeant de la première organisation patronale.

« Dans les entreprises, les salariés du privé ne nous parlent pas de la réforme des retraites, ils nous parlent de salaires », a-t-il précisé alors que l’inflation a renoué en 2022 avec des niveaux inédits depuis les années 1980.

De son côté, le ministre du Travail Olivier Dussopt « pense qu’il y aura du monde dans la rue parce qu’il y a une mobilisation portée par de nombreuses organisations ».

« Les organisations syndicales ont une légitimité lorsqu’elles appellent à la grève ou à la manifestation », a poursuivi le ministre interrogé sur France Inter/France Télévisions et Le Monde. « C’est un droit. Je souhaite que ça ne se traduise pas par un blocage du pays car plein de gens souhaitent continuer à travailler ».

Le projet du gouvernement vise à reporter progressivement à 64 ans l’âge de départ à la retraite, au lieu de 62 ans actuellement, tout en accélérant l’allongement de la durée de cotisation.

Les principaux syndicats, unanimement opposés à cette réforme, ont annoncé une première journée de grèves et manifestations le 19 janvier. L’ensemble de la gauche a appelé à rejoindre la mobilisation.

Selon un sondage Ifop pour le JDD, 68% des Français sont hostiles au projet, et 51% soutiennent le mouvement social.

Une pétition en ligne lancée par les syndicats sur le site change.org contre une réforme « injuste et brutale » avait dépassé dimanche en fin de matinée les 330.000 signataires, selon la CGT.

« Il faut équilibrer le système pour en garantir la durabilité et le faire de manière juste. Toutes les mesures que nous avons travaillées avec les partenaires sociaux et la Première ministre garantissent cette justice », a plaidé le ministre du Travail, faisant valoir la revalorisation des petites retraites à 1.200 euros minimum.

Le président du MoDem, François Bayrou, a, lui, demandé dimanche au gouvernement de faire plus de pédagogie et de « réfléchir à des améliorations » de son texte sur les retraites pour convaincre les Français.

AFP