Ouverture urgente d’un  second centre de dialyse lourd à l’hôpital de Taaone

le second centre lourd d’hémodialyse sera situé sur le parking extérieur couvert, non loin du premier centre lourd du centre hospitalier de la Polynésie française. A terme 32 postes devraient y être installés permettant la prise en charge de plus de 150 patients. (Photo : Jennifer Rofes)

En 2022, 600 patients polynésiens souffraient d’insuffisance rénale chronique en phase terminale sur le territoire. Parmi eux, plus de 160 ont besoin d’une prise en charge dans un centre lourd.

Mais à ce jour, seul un établissement disposant d’un service de réanimation important : le Centre hospitalier de la Polynésie française, peut être autorisé à pratiquer ce type de dialyse.

Cependant au vue de l’évolution croissante du nombre de malades souffrant d’insuffisance rénale chaque année en Polynésie, la direction de l’hôpital et le ministère de la Santé ont décidé de créer un second centre lourd pour répondre au besoin réel de la population.

En effet, déjà en 2017, alors que le nombre de patients souffrant d’insuffisance rénale était de 463, soit 140 de moins qu’aujourd’hui, les besoins en postes de dialyses pour le centre lourd avaient été chiffrés à 27 postes et  9 postes de repli, équivalent à la prise en charge de 162 patients par semaine. Mais le CHPF ne disposant pas de locaux suffisants ; seuls 22 postes avaient pu être autorisés et installés.

Pour pallier au manque de postes disponibles, le CHPF avait été contraint d’effectuer une quatrième série de dialyse journalière sur chacun des postes, contre trois requis par la réglementation.

Mais aujourd’hui, même avec un fonctionnement optimal du centre lourd, la croissance du nombre de malades ne permet plus à l’hôpital de répondre à la réalité des besoins actuels. 

Il est désormais avéré que le nombre de postes d’épuration extra rénale disponible au CHPF est en totale inadéquation avec l’augmentation du nombre de nouveaux patients à traiter.  Ce qui entraîne une perte de chance réelle pour les malades.

C’est pourquoi  la faisabilité de construire un second centre lourd de dialyse à l’hôpital, pouvant accueillir 32 postes supplémentaires, a fait l’objet d’une analyse importante de la direction du Taaone et des autorités de santé du pays.

Ce projet, aujourd’hui très avancé, fait l’objet d’une demande d’investissement de 80 millions de frncs, pour lancer sa mise en œuvre au plus vite.

En attendant, pour pouvoir prendre en charge tous les malades, un centre lourd éphémère pouvant accueillir 8 postes supplémentaires a été envisagé. Mais des problématiques géographiques et techniques rendent impossible, selon le ministère de la Santé, d’avoir recours à ce type d’installation.

Par conséquent, il a été décidé d’une ouverture de postes de dialyse en quatre temps, mais celle-ci faute d’avoir été presentée comme une opération prioritaire au budget 2023, doit faire l’objet, malgré l’urgence, d’un nouvel arbitrage budgétaire.

Pourtant d’ici quelques semaines, la création de deux postes supplémentaires dans l’actuel service d’hémodialyse pourrait être réalisée, tout comme l’ouverture de 3 postes au sein du service de néphrologie. Viendrait ensuite  la construction, sur le parking couvert situé non loin du premier centre lourd, d’un centre intermédiaire pouvant accueillir 8 à 12 postes, avant de lancer la construction définitive du second centre lourd.