Territoriales : le Here ai’a « propre » de Gustave Taputu dans la course

Le Here ai'a tiendra son congrés le matin du samedi 4 février à la salle Maco Tevane du stade Bambridge. (Photo : Damien Grivois)

Les chemises roses sont de retour… Le Here ai’a te nuna’a ia ora, héritier du glorieux Rassemblement des populations tahitiennes (RDPT) de Pouvanaa a Oopa, annonce qu’il se lance dans la course des territoriales en avril prochain.

Son président, Gustave Taputu, justifie les 15 ans de silence du parti par la nécessité d’y effectuer un grand ménage, et même un grand « nettoyage de casseroles ». D’anciens ministres Here ai’a comme Toni Hiro, Raymond Van Bastolaer ou encore Haamoetini Lagarde ont ainsi été « foutus dehors » selon le leader du parti, qui admet que l’alliance Gaston Flosse/Jean Juventin dans les années ’90 a bien failli être fatale au parti.

« Après toute cette absence, nous ne pouvons pas nous associer avec n’importe qui » prévient Gustave Taputu, en assurant que le parti rose reste vigilant sur la question statutaire.  

« Aujourd’hui le Here ai’a, ce sont de nouvelles personnes « clean », un nouveau souffle, une nouvelle génération… » assure Vaea Vivish, secrétaire générale du parti aux deux fleurs de tiare tahiti croisées. « Nous militons pour une nouvelle politique, très éloignée des pratiques auxquelles nous assistons actuellement. »

L’idée du Here ai’a est de rester fidèle aux valeurs du metua Pouvanaa a Oopa, pour offrir un avenir aux Polynésiens tout en respectant leur identité profonde.

« Actuellement, le Polynésien, on lui offre une cage, une dictature » accuse Gustave Taputu qui tire à boulets rouges sur Edouard Fritch qui, en deux mandats, n’a « rien apporté de bon » et « doit dégager ». Pire, sa gestion de la crise Covid-19, et la question associée de la loi d’obligation vaccinale « respectée ni par Gaston Tong Sang ni par Tearii Alpha qui l’ont pourtant votée », est qualifiée de honteuse et catastrophique.

Le parti rose « veut que ça change ». Il aimerait partir seul aux élections afin de pouvoir compter ses voix, malgré sa récente renaissance et donc sa notoriété relative.

« L’objectif est de dépasser les 5%, ça peut ouvrir la possibilité d’alliances » admet Olivier Tahua, deuxième vice-président qui précise que pour figurer sur la liste rose, il est désormais exigé de justifier d’un casier judiciaire vierge. Le parti précise que le programme qu’il élabore concerne deux mandats consécutifs, donc 10 ans.

Que faut-il retenir de la pensée de Pouvanaa a Oopa ? Du message de John French Teariki, premier président du parti ? « Pouvanaa, ça n’est pas lui qui parle quand il parle, ce sont les écritures bibliques » répond la première vice-présidente, Edmée Tahuhuatama, épouse Tahutini. « Les anciens, ils ont mis Dieu devant. Si nous sommes là ici tous, c’est parce que nous sommes des croyants. Pouvanaa s’est battu pour son peuple parce qu’il y avait de l’injustice… »

Le Here ai’a en congrès le 4 février

Le Here ai’a se réunira en congrès le samedi 4 février de 8h à midi dans la salle Maco Tevane (ancien élu Here ai’a lui même) du stade Willy Bambridge à Papeete. Au programme : un accueil musical, la projection d’un film sur Pouvanaa a Oopa, une présentation de l’histoire du parti et de ses racines, puis l’annonce des grandes lignes du programme pour les territoriales. Il y sera notamment beaucoup question de foncier, de secteur primaire et de tourisme.