Le réseau « Sortir du nucléaire » et Greenpeace quittent le débat public

Les deux associations dénoncent dans un communiqué "une mascarade démocratique et un sabotage en règle du débat public par le gouvernement".
Les deux associations dénoncent dans un communiqué "une mascarade démocratique et un sabotage en règle du débat public par le gouvernement". (Photo : AFP)

Greenpeace France et le Réseau « Sortir du nucléaire » annoncent ce mardi 24 janvier « claquer la porte » du débat public en cours sur l’éventuelle relance d’un programme nucléaire, face au « passage en force » du projet de loi du gouvernement pour accélérer la construction de nouveaux réacteurs.

Les deux associations dénoncent dans un communiqué « une mascarade démocratique et un sabotage en règle du débat public par le gouvernement ».

Le Sénat a adopté mardi en première lecture un texte technique qui vise à simplifier la construction de nouveaux réacteurs nucléaires, complété de dispositions controversées, comme la suppression du plafonnement à 50% de la part du nucléaire dans le mix électrique du pays d’ici 2035.

Il s’agit d’une étape car il appartiendra ensuite au Parlement, au mieux cet été, de se prononcer sur le futur énergétique de la France en fixant la part de chaque énergie (nucléaire, renouvelables), et d’éventuellement d’acter la relance nucléaire promue par le gouvernement.

Les associations reprochent au gouvernement de vouloir légiférer à l’envers alors même qu’un débat public organisé sous l’égide de la commission nationale du débat public (CNDP) se tient jusqu’au 27 février sur l’opportunité de conduire ce nouveau programme nucléaire.

En février 2022, le président Emmanuel Macron a annoncé vouloir construire six nouveaux réacteurs, avec une option pour huit autres, pour sortir des énergies fossiles tout en assurant l’indépendance énergétique du pays.

Or pour les associations, « le gouvernement s’est employé à saper le travail de consultation pour mieux faire passer en force son programme nucléaire, en particulier à travers le projet de loi d’accélération du nucléaire ».

Les sénateurs ont de fait élargi la portée de ce texte technique, en faisant sauter des « verrous » de l’actuelle loi de programmation énergétique. Ils ont notamment supprimé l’objectif de réduction à 50% de la part du nucléaire dans la production électrique d’ici 2035.

« En soutenant une hausse de l’atome dans le mix électrique avant même la fin du débat pour satisfaire la droite et les lobbies du nucléaire, le gouvernement piétine le processus démocratique. L’urgence climatique nous impose de déployer des solutions rapidement et financièrement accessibles, à l’inverse de centrales nucléaires aux investissements financiers lourds, aux délais de constructions qui se chiffrent en dizaines d’années, et aux risques imprévisibles sur la gestion de ses déchets pour les générations futures », commente Pauline Boyer, chargée de campagne nucléaire à Greenpeace France.

Le Réseau Sortir du Nucléaire promet des « mobilisations » lors des prochaines séances du débat public, prévues à  Lyon (2 février), Tours (16 février) et à Rouen (27 février).