Justice : un homme sous l’emprise de sa vahine

Mauarii M, jeune femme frèle de 27 ans, comparaît pour violences aggravées, en récidive, sur la personne de son compagnon, jeune retraité de la gendarmerie.
Maeva M (prénom d'emprunt), jeune femme frèle de 27 ans, comparaît pour violences aggravées, en récidive, sur la personne de son compagnon, jeune retraité de la gendarmerie. (Photo : archives LDT)

Maeva M (prénom d’emprunt), jeune femme frèle de 27 ans, ressemble à beaucoup de celles qui prennent malheureusement trop souvent la place de la victime, mais ce mardi 24 janvier au tribunal correctionnel, c’est bien elle qu’on accuse.

Elle comparaît pour violences aggravées, en récidive, sur la personne de son compagnon Benoit R, jeune retraité de la gendarmerie avec qui elle a un bébé d’un an. Leur relation est conflictuelle depuis le départ, en novembre 2020.

Jalousie maladive, narcissisme exacerbé, coup de colère alcoolisé, dans leur quartier nombreux sont les voisins qui se sont déjà plaint des hurlements et des insultes proférées régulièrement par Maeva envers son compagnon.

Déjà condamnée pour des violences en comparution immédiate en janvier 2022, c’est pour un nouvel affrontement, le 27 puis le 28 février qu’elle est à nouveau convoquée par la justice. Ce jour-là, sans réellement se souvenir du déclencheur de la dispute, Maeva frappe Benoit avec une rallonge électrique qu’elle utilise comme un fouet. Pleuvent aussi les coups, des griffures, une morsure jusqu’au sang, sans que jamais elle ne soit pourtant en position de légitime défense, ce que ne manque pas de rappeler le procureur dans ses réquisitions.

Benoit M, en effet, se contente de tenter de la maîtriser, de la plaquer au sol, mais selon lui jamais il ne réplique. Maeva n’a d’ailleurs jamais fait constater la moindre séquelle.

Après quelques heures de sommeil, le conflit reprend. Cette fois, c’est avec un fer à repasser qu’elle le menace, puis brise la lunette arrière de son véhicule. Décrit comme « sous emprise » par son avocat, portant une analyse psychologique de son client au dossier, Benoit M semble avoir encore du mal à se séparer de la jeune femme. La présence d’un bébé ne facilitant pas les choses…

Le tribunal rend sa décision : Maeva évite la prison. Elle est condamnée à 18 mois avec sursis probatoire, une peine assortie d’une obligation de soins. Aucune indemnité n’est demandée par la victime, que ce soit pour le préjudice moral ou matériel.

Mais Maeva perd aussi provisoirement l’autorité parentale sur son enfant et a interdiction de rentrer en contact avec Benoit R. Une interdiction qui avait déjà été prononcée en janvier sans qu’elle ne soit respectée.

Compte-rendu d’audience : Y.P