Serre pilote au lycée agricole de Taravao : travailler des produits bio et de saison

"On a de l'or au Fenua qu'il faut apprendre à transformer" selon le corps enseignant. Le maître mot de l'établissement : travailler des produits bio et de saison.
"On a de l'or au Fenua qu'il faut apprendre à transformer" selon le corps enseignant. Le maître mot de l'établissement : travailler des produits bio et de saison. (Photo : MG)


 
Guitares, percussions, ukulele… C’est ainsi que les élèves accueillent le président du Pays Edouard Fritch au lycée agricole John Doom de Taravao, ce mardi 24 janvier. A 10h30, une délégation gouvernementale se rend dans l’enceinte de l’établissement pour y procéder à la pose de la première pierre de la « serre pilote ».

Composée du ministre de l’Agriculture, Tearii Te Moana Alpha et du ministre des Grands travaux, René Temeharo mais également du maire de la commune de Taiarapu Est, Anthony Jamet, la délégation assiste tout d’abord à l’accueil musical des élèves avant d’amorcer la visite de l’établissement.
 Accompagnée du directeur Jean-Pierre Sartore, elle passe de salle de classe en salle de classe avant d’assister à l’exposé de présentation.
 
D’une superficie de 288m2, la serre pilote permettra aux élèves d’approfondir leurs connaissances. L’investissement de 9,5 millions de francs est entièrement financé par le Pays. La première serre a été posée en 2019 et depuis le projet n’a de cesse de se développer. Une nouvelle version va voir le jour au lycée agricole. Parmi les améliorations, les élèves pourront y trouver un système ouvrant qui permettra de ventiler pour évacuer la chaleur et pérenniser les cultures sans pesticide, tout en empêchant la pression parasitaire importante. Pour une meilleure qualité. C’est la fierté de l’école.

Composée du ministre de l’Agriculture, Tearii Te Moana Alpha et du ministre des Grands travaux, René Temeharo mais également du maire de la commune de Taiarapu Est, Anthony Jamet, la délégation a découvert l’organisation du lycée. (Photo : Manutea Garcia)


 
« Ce genre de projet est importants pour la subsistance de la Polynésie » assure Edouard Fritch. Pour l’entièreté du programme, le montant total hors-taxes est d’environ 60 millions de francs. C’est un projet qui touche toute la Polynésie française. Raiatea, Huahine, Tahaa et Ua-Huka bénéficient déjà de serres pilotes. En tout, ce sont 10 serres pilotes réparties et 4 autres nouvelles serres attendues pour le premier trimestre 2023.
 
Après la cérémonie de pose de la première pierre, le corps enseignant invite le chef de l’exécutif à découvrir les créations permises par les serres. Les élèves s’intéressent aux différentes phases de transformation d’un aliment. Dans une salle réfrigérée, ils disposent sur une table des confitures à la goyave ou à la carotte et au fruit de la passion. Du tilapia au lait de coco. De la pâte de fruit à la goyave ou encore à l’ananas. De la poudre de gingembre. De la farine de banane verte. Ou encore, un gel douche au monoi.


Autant de produits fabriqués par les étudiants du lycée, chapeautés par le corps enseignant.
« On a de l’or au Fenua qu’il faut apprendre à transformer » selon le corps enseignant. Le maître mot de l’établissement : travailler des produits bio et de saison. Chose qui leur est permise grâce à la présence des serres pilotes.
 
Les effets positifs d’un tel dispositif ne tardent pas à se montrer. Le lycée évoque des rendements agricoles deux fois supérieurs aux rendements routiniers.
D’autres résultats sont attendus comme la formation et l’installation de nouveaux agriculteurs bien mieux formés, ou encore la mise au point de nouveaux itinéraires techniques agricoles plus rentables. Un meilleur accompagnement des agriculteurs est à l’étude.

Manutea Garcia

Raiatea, Huahine, Tahaa et Ua-Huka bénéficient déjà de serres pilotes. (Photo : Manutea Garcia)