Glyphosate: l’Union européenne pourrait renouveler son autorisation

En 2017, le ministère du Développement des ressources primaires avait décidé d'inscrire "rapidement" le produit herbicide sur la liste des produits non-autorisés à la vente en Polynésie française. Mais il n'est rien passé ensuite... (Photo DG)
En 2017, le ministère du Développement des ressources primaires avait décidé d'inscrire "rapidement" le produit herbicide sur la liste des produits non-autorisés à la vente en Polynésie française. Mais il n'est rien passé ensuite... (Photo DG)
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L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) n’a pas identifié de niveau de risque lié au glyphosate qui justifierait selon elle de l’interdire dans l’Union européenne au-delà de sa période actuelle d’autorisation, dans une étude remise jeudi à la Commission européenne, qui a suscité l’ire de nombreuses ONG.

L’EFSA “n’a pas identifié de domaine de préoccupation critique” du glyphosate chez les humains, les animaux et l’environnement, explique-t-elle dans un communiqué. Dans la méthodologie scientifique de l’agence, une préoccupation est définie comme “critique” lorsqu’elle affecte tous les usages proposés de la substance active évaluée, empêchant donc son autorisation.

Elle a néanmoins relevé “un risque élevé à long terme chez les mammifères” pour la moitié des usages proposés du glyphosate et reconnu que le manque de données empêchait toute analyse définitive.

Cette étude, remise jeudi aux instances européennes, servira de base à l’Union européenne pour décider du renouvellement ou non de l’autorisation de l’herbicide pour cinq ans. L’autorisation actuelle court jusqu’au 15 décembre.

Une manifestation à Tahiti contre Monsanto et son célèbre herbicide. (Archives La Dépêche)

Mais ses conclusions ont provoqué l’indignation de nombreuses ONG environnementales, qui ont déploré que le principe de précaution ne soit pas appliqué. Une trentaine d’entre elles  — dont Agir pour l’environnement ou Réseau Action Climat — ont interpellé le gouvernement français jeudi.

“Compte tenu des risques largement documentés pour l’environnement et la santé humaine, il est plus qu’urgent d’appliquer le principe de précaution inscrit dans les textes européens et la Constitution française pour en finir avec le glyphosate et amorcer enfin une vraie transition agricole et alimentaire”, poursuivent-elles. Greenpeace a de son côté appelé “la Commission européenne et les États membres à s’opposer à un renouvellement de l’autorisation” de l’herbicide.

Au total, le rapport, qui sera rendu public courant juillet, repose sur 2.400 études, 180.000 pages, et a fait appel à 90 experts des États membres, fait valoir l’Autorité.

L’échec de l’interdiction du glyphosate à Tahiti

En 2017, le ministère du Développement des ressources primaires avait décidé d’inscrire “rapidement” le produit herbicide sur la liste des produits non-autorisés à la vente en Polynésie française.

Le ministre de l’époque, Tearii Alpha, “soucieux de promouvoir une agriculture saine” avait annoncé son intention de présenter un texte au conseil des ministres. Charge ensuite au gouvernement de prendre un arrêté dans le cadre d’une révision générale de la liste des pesticides interdits.

Le glyphosate reste un herbicide très largement utilisé en Polynésie française, à hauteur d’environ 30 000 litres par an, aussi bien par les professionnels du secteur agricole que par les particuliers.

Principe actif du Roundup, le glyphosate fait pourtant l’objet d’une âpre bataille depuis son classement parmi les cancérogènes probables en 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer (agence de l’Organisation mondiale de la santé).

Suite à l’annonce de Tearii Alpha, embarras manifeste de la direction de l’agriculture et rétropédalage en règle du gouvernement d’Edouard Fritch qui tempère l’annonce de Tearii Alpha et indique qu’il va confier une mission d’étude sur le sujet à Gilles Parzy de Bio Fetia.

Gilles Parzy a rendu les conclusions de son rapport depuis belle lurette. Et depuis, le dossier est enterré. Le glyphosate est toujours bien présent chez les professionnels comme chez les particuliers. (DG)