Un an de prison ferme pour des menaces de mort armé d’un harpon

Jugé pour avoir agressé physiquement un policier municipal, un homme de 20 ans a été condamné à huit mois de prison avec sursis. (Photo : YP/LDT)
Temps de lecture : 2 min.

La soirée bières et karaoké s’est terminée en cellule le 24 juin dernier pour un agriculteur d’une quarantaine d’années, condamné en comparution immédiate le 17 juillet 2023 pour avoir menacé son frère avec un fusil harpon. Déjà condamné à huit reprises pour des violences depuis 2015, il a écopé d’une peine de deux ans de prison dont un an avec sursis. 

Sur le terrain familial, les conflits sont réguliers entre les deux frères et leur compagne. Ce soir-là, du côté du prévenu, la fête commence vers 16 heures. Une puissante enceinte est équipée d’un micro, et alors que l’homme, ivre, va se coucher, sa femme n’en finit plus de monter le volume d’un karaoké qui se tranforme rapidement en flots d’insultes qu’elle hurle au travers du haut-parleur à l’attention de son beau-frère. La police municipale et les gendarmes se déplacent deux fois sur place, sans succès, avant que la soirée ne dérape. 

Encore vaseux, l’homme est réveillé par des cris vers 21 heures. A bout face à la puissance du son, le frère vient tenter de mettre fin à la bamboche, notamment en jetant des cailloux en direction de sa belle-sœur. Enervé qu’on s’en prenne à sa moitié et que sa fille soit en pleurs, l’homme va chercher un fusil harpon qu’il arme d’une flèche avant de le pointer en direction de son frère. “Je n’aurais jamais fait ça à mon frère“, dit-il, en précisant que jamais ses doigts n’avaient touché la gâchette. Il doit tout de même être désarmé par un cousin, lui aussi réveillé par les cris. Les gendarmes viennent une troisième fois et interpellent ensuite l’homme est sa femme qui, une fois son concert écourté, est placée en cellule de dégrisement. 

Si l’enquête de voisinage présente une homme travailleur et gentil, car “il donne le fruit de son fa’a’apu aux voisins quand il y a trop”, l’image renvoyée par son casier judiciaire est tout autre. “Une condamnation par an depuis 2015, une par an”, insiste le juge, essentiellement pour des violences. Des violences sur sa femme, sur son fils, son beau-frère, même sur son chien, “Tout cela est assez varié” ajoute le président du tribunal. 

Quand on voit son pedigree, il est crédible dans le rôle de celui qui va tirer” lance sèchement le procureur, pour qui l’homme a laissé les choses monter avant des “menaces qui sont bien constituées“. Il requiert une peine de deux ans de prison avec sursis dont un an ferme, et la révocation de huit mois de sursis issus d’une peine précédente. Le tribunal va dans son sens et maintient l’homme en prison pour 18 mois. Avant de quitter la salle entre deux gendarmes, il s’excuse en larmes auprès de son frère qui lui répond : “réfléchis la prochaine fois ! “. 

Y.P