Vols de vanille – Le procès renvoyé pour “la complexité de l’affaire”

Le trafic impliquait des acteurs de la filière vanille.
Un encadrement plus rigoureux auprès des producteurs devra être assuré par l’EPIC Vanille de Tahiti sur la certification des bonnes pratiques agricoles visant à garantir la qualité des gousses de vanilla tahitensis, de la production à la commercialisation. (Photo : La perle de Tahaa)
Temps de lecture : 2 min.

Six personnes comparaissaient le 20 juillet 2023 pour plusieurs vols de vanille à Taha’a entre juin 2021 et juin 2022. Des vols d’un montant cumulé de 24 millions de francs pour plus de 600 kilos. Suite à un quiproquo, avec deux audiences convoquées pour la même affaire, mais aussi des discordances dans les versions des voleurs présumés, le tribunal a renvoyé le dossier, et les prévenus, devant le juge d’instruction. 

C’est par un communiqué du procureur Hervé Leroy, le 2 juin dernier, qu’on apprend le placement en détention provisoire de cinq personnes suite à plusieurs vols de vanille à Taha’a et Raiatea. Une sixième personne, un receleur, est alors placée sous contrôle judiciaire. Ils attendent tous leur procès aujourd’hui, face à deux des trois producteurs volés qui ont fait le déplacement depuis les Îles-Sous-le-Vent.

Le procès a finalement été renvoyé à l’instruction en raison de l’étrange choix du parquet, qui a lancé une autre procédure, et convoqué deux autres receleurs des mêmes vols à une autre audience le 10 aout prochain. Il s’agit pourtant bien de la même affaire. Plus de 600 kilos de gousses de vanille dérobées chez trois producteurs lors de quatre vols distincts, dont trois en moins d’un mois entre mai et juin 2022. 

Interpellé le 30 mai 2023 suite à une longue enquête conjointe du GIR (Groupe interministériel de recherche), de la compagnie des archipels et des hommes de la section de recherche de Papeete six individus, tous professionnels du secteur, ont été déférés devant le parquet et placés en garde à vue, à l’issue desquelles cinq personnes ont été placées en détention le 2 juin. Une sixième a été placée sous contrôle judiciaire. 
Lors de leurs auditions, certains prévenus se sont renvoyés la balle, d’autres ont reconnu les faits puis sont revenus sur leurs aveux. Aucun des avocats interrogés ne semblent comprendre pourquoi, sur trois receleurs, l’un doit etre jugé aujourd’hui avec les voleurs présumés, et deux autres jugés seuls le 10 aout, vraisemblablement un couac du parquet. 


Vu la complexité de l’affaire” le tribunal a décidé de renvoyer le dossier pour des investigations supplémentaires. Le but est de joindre les volets de cette même affaire, mais aussi de faire la lumière sur les versions divergentes des différents vendeurs et receleurs. 


Selon le procureur, certains des prévenus ont subi des pressions, notamment de la part d’un des receleurs, le plus âgé d’une cinquantaine d’années, lui-même producteur de vanille. “Il y a des tensions manifestes entre les co-prévenus” ajoute le procureur qui parle “d’un concert de discordances” et des “risques de concertations” qui justifient selon lui le maintien en cellule des quatre prévenus toujours en détention depuis le 2 juin dernier. Ce n’est pas l’avis des différents conseils des prévenus, qui tous ont demandé la remise en liberté de leurs clients ou l’assouplissement de leur contrôle judiciaire jusqu’au futur procès.


A l’issue de l’audience, notamment à la demande du procureur, le tribunal a renvoyé le dossier à l’instruction. C’est le juge d’instruction qui va maintenant devoir décider de nouvelles mises en examen et du maintien, ou non, des prévenus en détention avant un nouveau procès, sans doute en septembre. 

YP