Elle menace ses voisins une bouteille de gaz à la main

À un si jeune âge, les deux prévenus ne sont pas à leur première condamnation pour des faits de vol. Le casier de Téo fait l’état de huit condamnations alors que celui de Jules relate cinq mentions dont une condamnation. (Photo : YP/LDT)
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Une femme de 45 ans était jugée en comparution immédiate différée le 14 septembre 2023. Le 20 juillet dernier, sur fond de conflit foncier, elle avait menacé de tuer ses voisines et jeté une bouteille de gaz ouverte dans leur maison, un briquet à la main, expliquant être persécutée par ses mêmes voisines. Elle a été condamnée à deux ans de prison, dont un an avec sursis.

La prévenue se définit elle-même comme la brebis galeuse du quartier. Elle se dit persécutée par ses voisins, des cousins éloignés qui, selon elle, revendiquent une terre qui appartient pourtant à sa mère. Les forces de l’ordre connaissent bien ce quartier familial de Papeari, muto’i et gendarmes ont déjà été appelés sur place à plusieurs reprises. Des mains courantes et des plaintes ont déjà été déposées, elles visent toujours la prévenue. Elle a pour habitude de proférer des insultes, mais aussi de jeter des pierres ou des noix de coco sur les maisons de ses voisins. 

Elle revient avec un bidon d’essence

C’est ce qu’elle a fait toute la nuit précédente à son ultime agression, mais à cinq heures du matin, la colère de la prévenue monte d’un cran. Elle se saisit d’un briquet, attrape une bouteille de gaz et pénètre chez sa voisine. Lorsque la victime ouvre la porte, la prévenue lance la bouteille de gaz ouverte dans l’entrée de leur maison, et alors qu’elle tente d’allumer son briquet, c’est sa propre mère qui vient l’en empêcher.

Après une bousculade avec la nièce de la victime qui filme la scène, la prévenue part un instant puis revient avec un bidon d’essence, elle arrose alors un bac à ordures et profère de nouvelles menaces, disant vouloir exterminer toute la famille voisine. Elle est finalement interpellée et reconnaît les faits lors de sa garde à vue, se disant persécutée par son voisinage.

“C’est eux qui ont commencé”

Elle n’a qu’une seule explication à ses actes, “c’est eux qui ont commencé“. Pourtant, pendant l’enquête, tous les voisins, cinq foyers, sont interrogés.Tous ont déjà eu maille à partir avec la prévenue. Tous ou presque ont déjà reçu des projectiles sur leur maison ou dans leur jardin. Elle jette des pierres, des noix de coco, parfois même les déjections de ses chiens, il lui arrive aussi de baisser son short pour leur montrer ses fesses. Elle explique qu’elle est victime de harcèlement moral de la part de ses voisins suite à un litige foncier, “c’est pourtant bien vous qui êtes ici, pas eux” répond le Président du tribunal, qui précise que, selon les témoins, elle avait déjà brandi une bouteille de gaz en les insultant : “Je vais vous éliminer !” crie-t-elle ce matin-là.

Elles se sont vues mourir

L’avocate de la partie civile revient sur tous les signalements déjà effectués par les victimes et les autres membres du voisinage. Elle invite le tribunal à s’imaginer être réveillé par des cris, puis de voir une femme qui menace de vous tuer, armée d’une bouteille de gaz ouverte et d’un briquet. Le procureur va dans son sens dans ses réquisitions. Pour lui, il ne s’agissait pas seulement de faire peur. “Elle avait l’intention de tuer” dit-il, avant de requérir une peine de quatre ans dont deux ans ferme. L’avocat de la prévenue aura beau dire que sa cliente et sa mère ont elles aussi déjà déposé des mains courantes, le tribunal la condamne à deux ans de prison dont un an avec sursis, elle a l’interdiction de se rendre au domicile de ses voisins à sa sortie.

YP