Fare Vahine, nouvel havre de paix pour les femmes en danger

(Photo : SG/LDT)
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Pour commencer, il n’y avait qu’une seule pierre posée le 8 mars 2021, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Deux ans plus tard, ce samedi 25 novembre 2023, sera inauguré le nouveau centre Fare Vahine à Pirae, destiné aux adolescentes, aux jeunes femmes et aux mères de famille victimes de violences. Un projet à hauteur de 78 millions de francs et porté par le Conseil des femmes de Polynésie, qui est une extension du centre actuel Pu o te hau, dont la capacité d’accueil limitée nécessitait un nouvel édifice.

Ce “centre d’hébergement d’urgence” de 280 mètres carrés, peut héberger un maximum de 24 personnes, enfants compris. Au rez-de-chaussée, se trouvent une cuisine, une grande salle à manger ainsi que cinq chambres avec salles de bain comprises. Au premier étage, cinq chambres à coucher ainsi que des sanitaires et une salle commune. “C’est confortable, tout est à leur disposition pour qu’elles se sentent comme à la maison mais avec plus de sécurité“, précise Aline Flore, présidente du Conseil des femmes de Polynésie. 

Trois mois pour se reprendre en main 

Au sein du fare, les femmes sont logées “gratuitement” et pendant une durée maximale de trois mois, “renouvelable une fois, en fonction de leur état émotionnel et de leur avancée personnelle“, précise Aline Flore. Durant cette période, les résidentes seront accompagnées et aidées par les référentes du centre afin de trouver un emploi et un logement fixe. Trois mois dans un cadre propice à l’échange et au partage pour se reconstruire et reprendre confiance en elles. “Il s’agit d’améliorer la vie des victimes, en matière d’éducation et de reconversion professionnelle. De cette manière, lorsqu’elles sortiront du centre, elles seront armées“, souligne la présidente du Conseil des femmes.

Le projet Pu o te hine here

Ce fare vahine est, en réalité, la première étape du projet Pu o te hine here du Conseil des femmes. En plus de ce bâtiment, deux autres viendront le compléter : un fare metua et un fare pote’e. Le premier, pourra héberger des personnes âgées autonomes au sein de petits studios et le second, servira pour accueillir des manifestations culturelles et des ateliers créatifs. L’objectif, précise Aline Flore, “est de réunir les différentes générations autour d’activités d’apprentissage et de travail afin de favoriser le partage et échanger sur leur différentes expériences de vie. Nous avons beaucoup à apprendre les unes des autres et peut-être que ces échanges motiveront nos femmes résidentes à reprendre goût à la vie“. Pour le moment, la présidente du Conseil indique que les “fonds pour la construction de ces bâtiments sont en cours de discussion“. Toutefois, elle espère qu’ils verront le jour d’ici 2025.