Hura Tapairu : Tamari’i Vairao s’apprête à représenter la Presqu’île

Pour sa troisième participation au concours, la troupe a choisi d’aborder "sans jugement" le sujet de l’avortement (Photos : ACL/LDT).
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Après une deuxième place en 2019 et une quatrième place en 2022, pour sa troisième participation au Hura Tapairu en catégorie Mehura, Pupu ‘Ori Tamari’i Vairao rêve de remonter sur le podium. À l’approche de leur prestation sur la scène du Grand Théâtre de la Maison de la Culture, samedi 25 novembre, les 20 danseuses, 6 musiciens, 3 choristes et 2 costumières apportent les derniers ajustements à leur spectacle et à leurs costumes, guidés par les deux chorégraphes Alex Faua et Heimoana Metua.

“On a commencé les répétitions fin octobre. On se voit tous les week-ends, le samedi et le dimanche pendant trois heures à chaque fois pour une prestation de 5 minutes et 30 secondes”, indique le duo d’artistes, qui mise sur un travail d’équipe, y compris en matière de composition et d’écriture, avec le soutien de Heeata Tepa.

“L’ombre de décision” : libérer la parole sur l’avortement

C’est donc ensemble qu’elles ont choisi comme thème L’ombre de décision : Feau Manava, un titre poétique pour aborder la difficile question de l’avortement, aussi intime qu’universelle. En France, ce droit est reconnu depuis la loi Veil du 17 janvier 1975. Chaque année, 1.000 interruptions volontaires de grossesse (IVG) sont pratiquées en Polynésie française pour 4.000 naissances. “On y pense depuis l’année dernière. On voulait aborder ce sujet de société sans jugement, car chaque femme a ses raisons. On souhaite illustrer le ressenti des femmes confrontées à cette décision”, confie Heimoana Metua.

Volontairement, les deux amies et collègues n’ont pas opté pour un chant triste, mais l’émotion sera forcément au rendez-vous. “Pour les danseuses ou les spectatrices qui auraient avorté, on veut que tout le monde se sente bien. Je suis passée par là et, à chaque fois que je danse ce spectacle, j’ai l’impression de parler à mon enfant et je me sens mieux. C’est une façon de libérer la parole sur le sujet, car c’est une décision importante qu’on a tendance à cacher”, poursuit-elle. “Ce spectacle, c’est vraiment un exutoire, quel que soit le choix de chacune”, ajoute Alex Faua.

Les derniers préparatifs se poursuivent jusqu’au grand soir. “En tant que chef de groupe, on a toujours du mal à dire qu’on est prêts, car on peut toujours s’améliorer jusqu’au passage sur scène. On aime les challenges : on veut montrer le potentiel de la Presqu’île. Et qu’on existe !”, concluent les deux chorégraphes, avant de lancer “un grand fa’aitoito à toutes les formations”.

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