L’aviation civile veut atteindre la “neutralité carbone” en 2050

Marc Houalla, directeur du Service de l’État de l’aviation civile de Polynésie française (SEAC/PF), a présenté, ce mardi 28 novembre, les ambitions environnementales pour l’aviation civile en Polynésie française.(Photo : LC/LDT)
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Marc Houalla, directeur du Service de l’État de l’aviation civile de Polynésie française (SEAC/PF), a présenté, ce mardi 28 novembre, les ambitions environnementales pour l’aviation civile en Polynésie française. Un projet d’envergure dont la stratégie vise à réduire les émissions de carbone dans les activités aéronautiques du Pays. “Notre objectif est d’atteindre la neutralité carbone dans tous les composants de l’aviation d’ici 2050, c’est-à-dire, atteindre le zéro émission en terme de CO2 sur tout ce qui touche à l’aviation”, précise Marc Houalla.

Mettre fin à la dépendance aux combustibles fossiles 

Premier axe, le SEAC souhaite développer et déployer l’énergie photovoltaïque sur le territoire, alternative plus rentable aux énergies fossiles. Pour “montrer l’exemple“, le nouveau bâtiment du SEAC, inauguré en mars dernier, est équipé de panneaux photovoltaïques qui couvrent près de 50% des besoins réels en électricité de l’aviation civile au fenua. “Nous voulons récupérer toute l’énergie que nous produisons pour pouvoir l’utiliser pour nos autres bâtiments, notamment la tour de contrôle“, indique Marc Houalla.

Dans un second temps, le SEAC projette de mettre en place un système de climatisation par l’eau de mer (SWAC, Sea Water Air Conditioning) pour l’ensemble de la plateforme aéroportuaire et ses 2 500 salariés qui occupent les lieux. À partir de pompes alimentées “grâce à l’énergie photovoltaïque“, l’eau de mer froide est extraite des profondeurs afin de refroidir l’ensemble d’un bâtiment.

De plus, le SEAC, en collaboration avec la communauté des acteurs aéroportuaires, a défini une stratégie afin de réduire le transport du personnel utilisant des combustibles fossiles. En effet, l’enseigne veut mettre à disposition des navettes électriques à des endroits optimisés pour ses employés, dont 50% ont répondu favorablement. Néanmoins, le SEAC publiera prochainement un appel d’offre pour trouver des prestataires aptes à accomplir cette tâche.

Fabriquer du carburant alternatif durable et développer des drones internes

Selon les estimations de l’association du transport aérien international (IATA), le carburant d’aviation durable (SAF) pourrait contribuer à environ 65% de la réduction des émissions nécessaires à l’aviation pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Dans cette optique, le SEAC veut promouvoir le carburant alternatif durable produit à partir de la biomasse polynésienne, puisque 50% n’est pas réutilisé. L’établissement travaille déjà avec l’Agence française de développement (AFD) pour le financement d’une étude technique et économique sur la faisabilité de produire du SAF à partir de la biomasse polynésienne.

Enfin, toujours pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, le SEAC projette de développer l’usage du drone comme moyen alternatif aux transports utilisant des carburants fossiles. Pour cela, des discussions préliminaires avec des opérateurs de drones et des fournisseurs de services ont été engagées pour définir certains “cas d’usage“, notamment Fare Rata pour livrer des courriers dans des endroits déportés ou en médecine avec l’alimentation rapide de médicaments en pharmacie. “L’étape suivante est de faire venir ceux qui nous permettront de séparer l’avion des drones et ensuite, trouver des cas d’usages financés par l’union européenne“, précise Marc Houalla.

Aéroport Tahiti-Faa’a : objectif zéro émission carbone en 2050

Afin de viser les meilleures pratiques en gestion du carbone et d’atteindre la neutralité carbone, le SEAC va mettre en place l’exigence de l’accréditation carbone des aéroports (ACA), un programme de certification en matière de gestion carbone créé par l’ACI-Europe.

L’aéroport de Tahiti-Faa’a devra ainsi, répondre aux exigences du plus haut niveau de la certification dès que possible (le niveau 4). À ce jour, la plateforme aéroportuaire a obtenu le niveau 2 de l’accréditation carbone (ACA2), c’est-à-dire, qu’elle reconnaît émettre du carbone et entreprend en ce sens, des actions vers une meilleure gestion.

D’ici 2025, le SEAC travaille pour que l’aéroport de Tahiti obtient le niveau 3 de la certification (ACA3) avec par exemple, des équipements électriques pour tous les acteurs de l’aéroport (compagnies aériennes, assistants en escales, les opérateurs de fret…). “Notre objectif est de rendre les opérations aériennes le plus électrique possible avec de l’électricité verte“, précise Marc Houalla.