À la pêche au mahi mahi avec Matahi Pua

Le pêcheur de Faaone de 33 ans fait partie de la nouvelle génération de professionnels de la mer qui maîtrisent cette technique (Photos : ACL/LDT).
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Retour de pêche, à 17 heures. Une dizaine de poti marara sont alignés dans la marina de Faratea, à Faaone. Pour Matahi Pua, 33 ans, la pêche a été bonne : dans sa glacière, il garde bien au frais trois bonites et neuf mahi mahi, ou dorades coryphènes, poissons aisément reconnaissables à leur profil et à leurs couleurs uniques.

Une technique “passionnante”

S’il pêche de façon professionnelle depuis dix ans, la mer a happé Matahi Pua alors qu’il était encore adolescent. “J’ai commencé sur le bateau de mon papa, le Ariti. Il s’était mis à la pêche au moment de la retraite. Je devais avoir 13 ans. On y allait le week-end et pendant les vacances. Quand j’ai fini ma scolarité, je me suis lancé avec lui. Aujourd’hui, je pêche tout seul sur mon propre bateau, le Heremata II, un poti marara de 28 pieds”, explique-t-il.

Outre les imposants moulinets postés de chaque côté de son bateau, c’est au harpon que s’effectue sa pêche préférée, “passionnante” pour ses différents niveaux de technicité. “Je pêche le mahi mahi uniquement au harpon. Il faut guetter un certain type d’oiseaux qui marquent ce poisson. Une fois repéré, on le poursuit pour le fatiguer. Ça peut prendre 30 secondes comme 10 minutes, puis on s’approche pour le harponner tout en conduisant. La semaine dernière, c’était dur avec la houle et la pluie : le taux de réussite était de 30 %. Mais ce matin, je suis tombé dans une belle zone : j’ai eu mes neuf mahi mahi avant 11 heures, puis plus rien”.

Des journées entières en mer

La pêche est loin d’être un métier tranquille. Matahi Pua passe cinq jours par semaine en mer, du lever au coucher du soleil, et par tous les temps. Des journées bien chargées, d’autant qu’il est seul pour assurer la préparation et le nettoyage du matériel, la pêche qui le mène parfois jusqu’à Tetiaroa ou Mehetia, la vente de ses prises en bord de route, et les éventuelles livraisons jusqu’en ville aux restaurants et aux particuliers. “On arrive à s’en sortir, même si parfois on doit brader les prix. Il y a des clients qui ne se rendent pas compte du travail que ça représente pour leur proposer du poisson frais du jour”, confie-t-il, face aux géants du secteur.

Si Matahi Pua tient bon, c’est parce que la pêche est d’abord une passion. Il collectionne les leurres et ne manque pas de participer à quelques concours de pêche au gros. Le dernier en date s’est déroulé à Huahine, en marge de la Hawaiki Nui Va’a. Sa plus belle prise remonte à juin 2021, avec son frère, Marutahi, pêcheur lui aussi. “On a attrapé un espadon de plus de 500 kg au DCP de Hitia’a. On a mis 8 heures pour le ramener. Il ne rentrait pas dans la glacière. C’était un événement quand on est rentré à la marina !”.