JO à Teahupo’o : le débat autour des fondations de la tour des juges s’enlise

Vidéo à l'appui, Paris 2024 souhaite "porter à la connaissance du plus grand nombre que certains des plans de la seconde vidéo partagée sur les réseaux sociaux ne correspondent pas au site des fondations de la tour" (Photo : capture écran/Paris 2024).
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Depuis la publication de la seconde vidéo de Matahi Drollet, dimanche 26 novembre 2023, Paris 2024 et l’association Vai Ara O Teahupo’o défendent fermement leurs positions.

Dans un nouveau communiqué de presse en date du jeudi 30 novembre 2023, Paris 2024 souhaite “porter à la connaissance du plus grand nombre que certains des plans de la seconde vidéo partagée sur les réseaux sociaux ne correspondent pas au site des fondations de la tour”. La preuve mise en avant est “une vidéo réalisée en avril 2022, par les équipes de Paris 2024, [qui] montre les fondations de l’actuelle tour des juges et permet de constater l’emplacement exact des futures fondations”.

Dans l’immédiat, nous ne sommes pas parvenus à joindre l’association pour obtenir une réaction à ce sujet.

Voir la vidéo partagée par Paris 2024

Les précisions techniques suivantes sont apportées : “Conformément à la demande des associations, en plus du Bureau Veritas, deux autres bureaux de contrôle ont été sollicités par l’IJSPF dans le cadre des nouvelles études réalisées à l’automne 2023. Ainsi, les deux organismes ont également confirmé un avis défavorable sur l’utilisation de la tour et des fondations existantes, au regard des enjeux de sécurité. Dans ses nouvelles conclusions en date du 14 novembre 2023, le bureau Veritas a confirmé de nouveau : “Notre avis technique est défavorable sur la solidité de la tour en bois et des fondations existantes dans son état actuel” (et par suite sur la sécurité des utilisateurs)”.

Un constat d’huissier avant et après les travaux

“Comme le confirment les experts de Créocéan mandatés dès 2022 par l’IJSPF pour une mission d’accompagnement et de suivi environnemental des travaux, les fondations seront positionnées sur la dalle de platier d’arrière-barrière qui présente un substrat constitué de platier (papa) nu sur lequel s’accrochent des touffes de macro-algues et quelques massifs coralliens facilement repérables en périphérie. L’emplacement concerné par les travaux est une zone à faible sensibilité écologique et c’est la raison pour laquelle elle avait été choisie pour l’implantation de la tour existante.

Conformément à la recommandation de Créocéan de ne pas intervenir sur les anciennes fondations pour ne pas impacter le corail qui s’y est développé (visible sur la vidéo), le projet prévoit que les nouvelles fondations seront insérées dans les intervalles des plots existants, au même endroit que l’ancienne tour. Les nouveaux plots permettront au corail de se fixer et de se développer, comme cela est déjà le cas pour les fondations actuelles.

Afin de protéger les quelques massifs coralliens repérés sur le site, il est prévu de les déplacer en dehors de la zone des travaux, selon un protocole strict établi par le bureau d’études environnemental et déjà éprouvé sur de nombreux projets touristiques ou d’aménagement maritime en Polynésie Française. Les constatations effectuées sur site au démarrage des travaux permettront en concertation avec les experts environnementaux et en présence des représentants des associations, d’identifier les massifs qui devront être déplacés”.

Il est également précisé qu’un “état des lieux contradictoire sur site avec constat d’huissier aura lieu avant le démarrage des travaux et à la fin des travaux afin de veiller au respect du site”.

Collaborer avec les associations “en transparence”

Outre la tenue de réunions publiques mensuelles à partir de janvier et l’ouverture d’un bureau d’information au PK 0, “les acteurs du projet réaffirment plus que jamais leur souhait de collaborer avec les associations en transparence pour répondre aux interrogations légitimes, mais aussi avec l’exigence des valeurs de respect et de fraternité au cœur des Jeux Olympiques”, conclut le communiqué, en rappelant que “les représentants des associations seront invités à assister à chaque étape de la mise en place de la tour, à laquelle ils jugeront nécessaire d’être présents”.

L’ambiance reste toutefois tendue, entre le récent soutien apporté aux défenseurs de l’environnement par le surfeur le plus titré à Teahupo’o, Kelly Slater, et la pression des réseaux sociaux dénoncée par le célèbre surfeur tahitien, Raimana Van Bastolaer.

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