10 jours de fête pour célébrer les 40 années d’Oscar Temaru à la mairie de Faa’a

Le 14 mars 1983, La Dépêche de Tahiti rapportait la victoire d'Oscar Temaru aux élections municipales de Faa'a. 40 ans plus tard, la population lui est toujours fidèle.
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La mairie de Faa’a est en effervescence depuis plusieurs semaines afin de célébrer comme il se doit les 40 années de mandature du tavana Oscar Temaru. Les festivités se dérouleront du 8 au 17 décembre à la mairie et au motu Ovini (voir le programme ci-dessous).

L’occasion pour le maire, âgé de 79 ans, de revenir sur son engagement auprès de la population de Faa’a, commune la plus peuplée de Polynésie avec 29 506 habitants. “C’était il y a 40 ans… c’est passé vite, en un clin d’oeil” dit-il un peu nostalgique. Parmi ses plus grandes fiertés : la cuisine centrale en 1984 alors que “les enfants n’avaient rien dans le ventre”, le réservoir d’eau “de 45 000 m2” pour alimenter les habitants en eau potable, les investissements dans“le sport pour la jeunesse”… le maire Tavini tâcle bien sûr son éternel adversaire Gaston Flosse qui lui a mis des bâtons dans les roues dés le départ avec la création d’une Agence territoriale de reconstruction en 1983, après le cyclone, lui retirant les moyens d’agir. “Cette agence est aujourd’hui l’OPH avec 4 milliards de déficit… c’est la même gestion qu’à l’époque” dit-il. Oscar Temaru tape également sur l’Etat qui a attiré dans la commune au début des années 60, une population des îles venue pour travailler et se retrouvant dans des situations précaires. “Mais nous sommes un seul peuple, il faut gérer” conclut-il. Idem pour l’aéroport “qu’on nous impose depuis 60 ans” qui a “fait perdre à la commune son littoral” et “empêcher un écoulement normal des eaux fluviales” selon les propos du premier adjoint Robert Maker. Enfin, lorsqu’on le questionne sur la gestion des déchets, le point noir de la commune, souvent épinglée pour son tri inexistant et sa décharge, Oscar Temaru préfère parler du parcours de golf qu’il a réalisé sur une partie du dépotoir de St Hilaire.

 A l’occasion de la présentation de ses 40 ans à la tête de la commune, Oscar Temaru a de nouveau fait la promotion du jeûne qu’il pratique lui-même en ne buvant qu’une “tasse de thé” le soir. “Nous sommes une commune pilote !” a t-il assuré.

13 mars 1983 : Oscar Temaru déboule à Faa’a en même temps que le cyclone Reva

C’était le 14 mars 1983, le cyclone Reva venait de s’abattre sur les Îles du Vent et les Îles-Sous-le-Vent, faisant d’énormes dégâts ; la catastrophe éclipsait quelque peu les résultats des élections municipales à la Une de La Dépêche de Tahiti, au lendemain des élections. 

Pourtant, malgré le cyclone, les électeurs s’étaient rendus aux urnes le dimanche 13 mars et à Faa’a, Oscar Temaru l’emportait face à Georges Kelly du Tahoeraa. 

Le nouveau tavana se déclarait le premier surpris par sa victoire et son ovation par 2 000 personnes. C’est la victoire d’une équipe disait-il et celle de soutiens comme John Gabilou et Coco. 

Sa mandature a commencé par du soutien, celui aux victimes du cyclone, plus de 1 500 personnes avaient trouvé refuge dans les écoles de Faa’a. 

Sa deuxième priorité : le chômage. Oscar Temaru convoquait à la mairie dés le lundi soir toux ceux qui n’ont pas de travail pour “les recenser”. Plus de 1 000 personnes sont venues. 

Déjà nostalgique à l’époque, témoin du changement, il déclarait : “Avant, on ne parlait pas de chômeurs. Chacun cultivait ou avait son activité. A mon retour de France en 1963, je faisais moi-même du coprah ici, à Faa’a, on élevait des cochons, des poulets. Tout a été bouleversé. Il y avait 3 600 habitants en 1963. Aujourd’hui, nous sommes 20 000 dont les ¾ viennent des îles.”

Le tavana annonçait vouloir lancer plusieurs chantiers dont… une usine d’incinération d’ordures ménagères. Depuis, la gestion des déchets est le point faible de Faa’a, épinglée régulièrement pour l’absence de tri et sa décharge sur le terrain Mumuvai. 

Au programme des festivités du vendredi 8 au dimanche 17 décembre

Les festivités se dérouleront sur deux sites : à la mairie de Faa’a et au motu Ovini.

Elles débuteront vendredi 8 décembre à la mairie de Faa’a avec la participation des établissements scolaires qui ont été mobilisés pour chanter, déclamer et exposer. Le mairie prononcera un discours et les services de la mairie défileront.  Samedi et dimanche, la célébration se poursuivra au motu Ovini avec, là encore un discours du maire et une exposition d’artisans, d’horticulteurs, masseurs et tatoueurs.