Eric Gresset, artiste hétéroclite, tatoue et expose à Arue

Eric Gresset, artiste hétéroclite, passionné d'art polynésien. (Photo : LC/LDT)
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Eric Gresset est présent, aux côtés d’une dizaine d’exposants, à l’exposition de Arue, située au gymnase de la commune, du lundi 4 décembre au dimanche 10 décembre, de 8 heures à 16h30. Il expose ses créations uniques et tatoue sans rendez-vous. Il a aussi collaboré à la réalisation du très remarqué “crabe de Noël” (référence à une légende d’un des quartiers de la commune) installé sur le rond-point de Erima.

Eric est tout à la fois tatoueur, sculpteur, designer international et “papi“, passionné de l’art polynésien. Fils d’un père français et d’une mère originaire de Rurutu, il est l’aîné d’une fratrie de quatre frères. Après avoir vécu en Europe durant la majeure partie de sa jeunesse, Eric revient au fenua à 18 ans, l’âge auquel il débute pour la première fois le tatouage avec “une fine aiguille de la boîte à couture” de sa compagne. 

Aujourd’hui âgé de 58 ans, Eric reste fidèle à sa passion. Celui qui a tatoué des célébrités, qui a offert son savoir-faire en design à Tahiti Glamour, ou encore, qui a participé à l’élaboration du collectif Polynesia Tatau, met ses compétences au service de l’art depuis maintenant 40 ans. 

Un artiste “hors catégorie

Eric ne produit que “des pièces uniques“. C’est sa marque de fabrique et c’est ce qui le différencie des autres artistes du domaine. “Si ce n’est pas authentique, ça ne m’intéresse pas” affirme-t-il. En tatouage, en sculpture ou en peinture, c’est “l’authenticité de la pièce” qu’il cherche à faire ressortir à chaque confection. “J’offre aux personnes mon trait de caractère et ma compréhension de ce qu’ils m’ont demandé. Je veux que mes clients soient fiers de porter mes tatouages car ce sont des pièces uniques, comme des beaux bijoux. Je tatoue du polynésien et j’en suis fier ” dit-il. D’ailleurs, la plupart des tatouages qu’il a sur le corps, Eric les a lui-même encrés.

(Photos : Commune de Arue)

En sculpture, Eric est également “doué” pour manipuler les différentes matières premières qu’on lui offre ou qu’il trouve dans la nature. “J’essaye de trouver des matériaux naturels, qui sont pour moi des matériaux de luxe“,explique-t-il. Des cannes, des colliers, des statuettes polynésiennes… l’inspiration s’étend même jusqu’au textile puisque Éric tatoue aussi des jeans, des morceaux de tissus en velours et des coussins qu’il embellit avec des motifs polynésiens.

(Photos : LC/LDT)

Parfois, Eric tatoue du textile. Véritable artiste hétéroclite, il travaille les différentes matières sans difficultés.

“Au feeling”

(Photo : Moana Blackstone)

Eric est en constant besoin de créer. Électron libre, il vit comme il l’entend, avec ses avantages et ses inconvénients. “Avec moi, tout se fait au feeling. Je choisis ma clientèle, riche ou pauvre, ça m’est égal. Ce qui m’importe c’est l’intention de la personne. Et crois-moi, je ressens très vite lorsque l’intention est purement business ou authentique”, souligne-t-il. Cette “sélection naturelle” est sa manière de partager son savoir “à ceux qui le méritent“. Car, au delà des apparences, c’est “l’énergie” qui l’emporte. Son caractère bien trempé, sa manière particulière de voir le monde lui a permis de tisser plusieurs liens qui ont forgé la personne qui l’est aujourd’hui. Arrogant pour certains, libertin pour d’autres, c’est sa manière d’être, qu’il transpose dans chacune de ses collections.

Des sculptures en hommage à l’océan

(Photo : Pierre Motahi)

Eric Gresset a collaboré à la réalisation des décorations de Noël sur les ronds-points et à la mairie de Arue, sur le thème de l’océan et des menaces qui pèse sur lui. Le projet a été initié par l’artiste Pierre Motahi et Eric a apporté son aide sur les parties métalliques des coraux, des poissons et des crustacés.

L’une de ses créations, le crabe, est une référence à une légende d’un des quartiers de la commune de Arue : Tefaaroa. Une création qui a demandé trois semaines de travail avec notamment trois jeunes en renfort. Fabriquée à l’aide d’acier, de grillages, de cellophane, de la mousse expansive, de la résine et colorée avec des bombes de peintures, l’oeuvre est exposée en plein air sur le rond-point de Erima.