Transports, sécurité, Teahupo’o: les Jeux olympiques de Paris tourmentés

L'attaque mortelle au couteau près de la Tour Eiffel le 2 décembre, qui a coûté la vie à un touriste allemand, a relancé les inquiétudes sur la cérémonie d'ouverture. (Photo AFP)
L'attaque mortelle au couteau près de la Tour Eiffel le 2 décembre, qui a coûté la vie à un touriste allemand, a relancé les inquiétudes sur la cérémonie d'ouverture. (Photo AFP)
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Remous incessants autour du surf à Tahiti, inquiétudes sur la sécurité de la cérémonie d’ouverture sur la Seine, sur les transports: à moins de huit mois des Jeux olympiques de Paris organisateurs et Etat entrent en zone de turbulences.

• Crise au sommet dans les transports

Mi-novembre, la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo a brisé l’union sacrée autour des JO (26 juillet-11 août) en lâchant que les transports ne seraient “pas prêts” pour l’été 2024, s’attirant les foudres du gouvernement. “Il y a encore du boulot” reconnaît le ministre des Transports, Clément Beaune, tout en accusant la maire de “trahison politique”.

Dans la foulée, l’annonce d’une tarification spéciale pour les JO, avec un doublement du prix du ticket de métro (4 euros), par la présidente de la région et d’Ile-de-France mobilités (IDFM) Valérie Pécresse a “remis une pièce dans la machine”, s’écrient en coulisses des acteurs publics des JO. La mairie de Paris a demandé à ce que ces tarifs soient revus.

Depuis plus d’un an les habitants d’Ile-de-France galèrent dans les métros, les RER et les bus.

L’ancien Premier ministre Jean Castex, patron des transports parisiens (RATP) depuis un an, admet lui-même que le réseau est “obsolète“, avec “au moins huit lignes sur dix qui ne sont plus en état d’assurer un service public de qualité”, évoquant “quarante ans de sous-investissement”.

En visite à Paris récemment, le comité international olympique (CIO) s’est dit “rassuré”, tout en qualifiant l’opération d'”extrêmement complexe”.

• La cérémonie d’ouverture en question

Depuis le déclenchement de la guerre entre Israël et le Hamas le 7 octobre, puis l’assassinat d’un professeur à Arras devant son lycée, “on a changé de niveau” sur la sécurité, estime Frédéric Péchenard, ancien patron de la police judiciaire et élu LR (droite) de la région, qui exprime son “inquiétude”.

L’attaque mortelle au couteau près de la Tour Eiffel le 2 décembre, qui a coûté la vie à un touriste allemand, a relancé les inquiétudes sur la cérémonie d’ouverture. Sur la Seine, en plein centre de Paris et en présence de sportifs et chefs d’Etat du monde entier, est-ce bien raisonnable?

“Pas de plan B mais des plans bis”, rétorque la ministre des Sports et des JO, Amélie Oudéa-Castéra, aux appels à envisager un plan de rechange, quelques jours après la présentation des zones de sécurité olympiques. La délégation des Etats-Unis a exprimé jeudi sa “confiance” sur le sujet.

• La question russe

Le CIO a finalement autorisé vendredi les sportifs russes et bélarusses à participer sous bannière neutre à Paris-2024, sous de strictes conditions.

Seront admis les sportifs “individuels neutres” qui ont franchi l’obstacle des qualifications, ne soutiennent pas activement la guerre en Ukraine, et ne sont sous contrat ni avec l’armée, ni avec des agences de sécurité nationales. En l’état, précise le CIO, seuls onze sportifs – huit Russes et trois Bélarusses – remplissent ces critères.

Moscou a dénoncé dès vendredi des conditions “discriminatoires”, “à l’encontre des principes sportifs”. Samedi, Kiev a jugé que la décision du CIO “encourage la Russie et le Bélarus à poursuivre leur agression armée contre l’Ukraine”.

Sebastian Coe, le président de la Fédération internationale d’athlétisme, a prévenu: “Vous verrez peut-être des sportifs russes ou bélarusses sous drapeau neutre à Paris, mais ce ne sera pas en athlétisme.

AFP

Le surf sur la crête à Tahiti

Le site de surf polynésien de Teahupo’o n’en finit pas de faire des remous. Alors qu’un compromis semblait avoir été trouvé, un essai technique a tourné au fiasco, conduisant à la suspension des travaux sur le site. “Un test mal préparé”, selon la ministre des JO.

Matahi Drollet a porté l’affaire de la tour des juges à l’international.
(Photos : Matahi Drollet/Paris 2024).

La tour en aluminium qui doit abriter les juges de l’épreuve olympique de surf doit normalement être allégée.

Le président polynésien, Moetai Brotherson, arrivé au pouvoir en mai, a tout stoppé après l’essai litigieux qui a cassé quelques morceaux de corail. “Si au final il n’y a pas de solution, (…) il faudra se poser la question de la pérennité des épreuves de surf à Teahupo‘o”, a-t-il prévenu.

La légende du surf, l’Américain Kelly Slater, soutient les opposants. La Fédération internationale de surf (ISA) a salué la décision du gouvernement polynésien de suspendre les travaux. La Surfrider Foundation a demandé elle au CIO d’“explorer d’autres solutions, y compris d’autres sites de compétition”.

Le surf connaîtra-t-il le même sort que le basket, déplacé du parc des Expos à Paris au stade Pierre-Mauroy à Lille après les protestations de joueurs français?