Justice – Alcool, effraction, agression sexuelle : 18 mois de prison avec sursis

A la barre, ce mardi 12 décembre, un trentenaire jugé pour des faits de violation de domicile et d'agression sexuelle. Cinq ans après les faits, il écope de dix-huit mois de prison avec un sursis probatoire de deux ans. (Photo : SB/LDT)
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C’est une affaire vieille de cinq ans que jugeait le tribunal correctionnel de Papeete, ce mardi 12 décembre. A la barre, un jeune homme de trente ans qui avait déjà été jugé pour les faits de violation de domicile et d’agression sexuelle, qui lui sont reprochés, mais qui, faute d’avoir reçu sa convocation, avait fait opposition de la décision du tribunal qui l’avait condamné à deux ans d’emprisonnement. Des années plus tard, il écope de dix-huit mois de prison avec sursis probatoire d’une durée de deux ans.

Le soir du 30 juin 2018, sur une île des Raromatai, le prévenu s’alcoolise. A un point qui le pousse, pour une raison qu’il dit ignorer aujourd’hui, à s’introduire dans un domicile dans lequel dort paisiblement un couple. Une violation de domicile, non pas pour dérober des objets, mais pour s’approcher du lit des propriétaires, plus précisément de la femme.

Trois effractions en six mois

En plein sommeil, elle ressent une forte douleur à la poitrine, à l’un de ses tétons. L’homme qui s’est introduit chez elle le lui pince. Réveillée, ainsi que son mari, le prévenu fuit… pour entrer par effraction de nouveau dans le domicile voisin. A l’intérieur, une adolescente de douze ans, au moment des faits, qui dort. L’homme est dans la chambre, nu… Par chance, le père de la jeune fille se réveille et fait fuir l’accusé.

Interpellé quelque temps après, l’homme avoue qu’il voulait violer l’adolescente… Il dit également regretter ses actes, avoir agi sous les effets de l’alcool et qu’il ne recommencera plus. Sauf que six mois plus tard, toujours alcoolisé, il pénètre dans une nouvelle habitation. A l’intérieur, trois jeunes filles âgées de 16 à 17 ans. Et là, le jeune homme est surpris à quatre pattes, en caleçon.

Un accusé atteint d’un léger retard mental

Tous ces faits sont alors jugés une première fois en 2022, par le tribunal correctionnel. Mais n’ayant pas reçu de convocation, la décision qui condamne l’accusé à deux ans d’emprisonnement est alors marquée d’une opposabilité. Jugé de nouveau ce 12 décembre 2023, l’homme à la barre est peu bavard, indiquant ne plus se souvenir de grand-chose, après tant de temps écoulé.

Après les faits commis, l’homme est devenu père de famille et vit désormais en concubinage. L’expertise psychiatrique, qu’il a en 2021, soit trois ans après les faits, révèle un personnage atteint d’un retard mental léger, à la vie peu facile. Un père décédé dont il ignore quasiment tout et une éducation dure chez des grands-parents, chez qui il est placé très jeune.

Une victime qui a toujours du mal à dormir seule, cinq ans après les faits

Une partie des victimes est présente dans la salle d’audience. Les parents, essentiellement, qui remémorent les évènement à la barre. Le père de la jeune fille qui avait 12 ans à l’époque des faits, explique que cinq ans plus tard, sa fille a toujours des difficultés pour s’endormir seule le soir et qu’elle craint chaque nuit qu’une personne s’introduise dans sa chambre.

Le procureur de la République, dans ses réquisitions, rappelle que le trentenaire jugé est un primo-délinquant et que ces agissements sont ses seuls “faits d’armes”. Toujours selon le représentant du ministère public, l’homme ne ressemble pas à un prédateur.

Inscription au fichier des délinquants sexuels

Affirmant l’opposabilité du premier jugement, il préconise dix-huit mois d’emprisonnement avec sursis, avec obligation de soins, de travailler, de ne plus approcher les victimes et de les indemniser. Il demande à ce que le jeune homme soit également inscrit au fichier des délinquants sexuels et soit inéligible durant trois ans.

Des réquisitions suivies en totalité par les juges de la cour qui condamnent le prévenu à dix-mois de prison avec un sursis probatoire de deux ans. En plus de toutes les autres obligations préconisées par le procureur et suivies, le tribunal condamne le jeune homme, en dédommagement des victimes, au paiement d’une somme totale de 960 000 F.