Terehau Anania mise sur la culture de vanille et la bourre de coco broyée

Originaire de Toahotu, le jeune sportif de 28 ans cumule les activités pour réussir (Photos : ACL/LDT).
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Discret, mais volontaire et dynamique, Terehau Anania n’a pas eu une voie professionnelle toute tracée. “À la base, je voulais être mécanicien dans l’aviation civile. J’ai toujours voulu travailler dans le transport, car j’aime conduire, donc j’ai été au RSMA pour passer mes permis”, explique le jeune homme de 28 ans. Chauffeur-livreur pendant quatre ans au sein d’une société locale, il vit cette expérience comme un frein à ses passions sportives que sont le football, le va’a, la course à pied ou encore le moto-cross.

Piqué dans l’enfance par la vanille

Le déclic est venu avec le temps et à la faveur d’un souvenir d’enfance. “Quand j’avais 7 ans, dans mon quartier, un monsieur du nom de Enoch Laughlin m’a donné des lianes de vanille qu’il était en train de tailler. Je les ai montrées à mes parents, qui m’ont conseillé des les emmener à Mahina chez mes grands-parents. Mon grand-père, Romain Hunter, est originaire de Raiatea, et il a ça dans les mains ! Des années plus tard, la production était là. Ma grand-mère faisait sécher la vanille à l’entrée de la maison : ça sentait toujours très bon !”.

Terehau Anania s’est donc lancé dans la vanilliculture. Il a construit une première serre de 200 m2 et 70 tuteurs chez lui, à Toahotu, et il a installé ses premiers plants de la variété haapape le 31 juillet 2021. “J’ai vendu tous mes biens et mes pirogues pour investir, et j’ai pu bénéficier de l’aide ICRA (Insertion par la Création ou la Reprise d’Activité, ndlr)”, indique-t-il. Le 7 novembre 2022, il s’est agrandi avec une seconde serre de 280 m2 et 115 tuteurs, avec le soutien de l’EPIC Vanille. Il espère pouvoir produire pleinement d’ici deux ans.

Se diversifier grâce à la bourre de coco broyée

Avec la vanille, la patience est de mise, et la diversification aussi. Dernièrement, le jeune homme s’est donc lancé dans la commercialisation de bourre de coco broyée. “Ça m’est venu parce que c’est mon substrat pour la vanille. Et les autres vanilliculteurs aussi sont à la recherche de bourre de coco. C’est un ami de Mataiea, Marama Teavai, qui m’a inspiré avec son projet, que j’ai trouvé formidable”, confie-t-il. Sa stratégie est la suivante : ne possédant pas sa propre cocoteraie, Terehau Anania propose ses services de décocotage auprès des particuliers qui souhaitent sécuriser leurs jardins. Il valorise ensuite le ‘omoto auprès des producteurs de mitihue et la bourre de coco grâce à son broyeur.

Le jeune homme propose également des services de terrassement. Le dispositif de défiscalisation lui a en effet permis de s’équiper d’un camion et d’une pelle-job pour mener à bien ses activités complémentaires. Il ne compte pas s’arrêter si bon chemin. Il projette notamment de se lancer dans l’agriculture et l’élevage à plus grande échelle via une demande de terre domaniale, mais aussi de se former et d’investir pour assurer lui-même le séchage de sa vanille.

Le sport pour inculquer le goût de l’effort

“C’est possible : il faut rêver et faire ce qu’on aime. Fa’aitoito et le ciel t’aidera ! Ce n’est pas facile tous les jours : il faut être patient et ne pas avoir peur de l’effort, comme dans le sport. J’encourage les jeunes qui se cherchent à se tourner vers les clubs. C’est le sport qui m’a ouvert l’esprit et m’a inculqué ces valeurs”, conclut Terehau Anania, quant au secret de sa réussite.