Réparer au lieu de jeter, Rawena Temahahe en a fait son métier

La réparatrice de Vairao ramène machines à laver et autres appareils électroménagers à la vie (Photo : ACL/LDT).
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Obsolescence programmée, mauvaise utilisation ou usure accélérée par le climat tropical, au Fenua, les appareils électroménagers ont la fâcheuse tendance à tomber en panne rapidement. Pour lutter contre le gaspillage et la surconsommation, envisager une réparation peut parfois éviter de passer par la case poubelle et rachat.

“J’aime ce côté technique et manuel”

À Tipaerui, et depuis quelques mois à Vairao, Rawena Temahahe, 37 ans, en a fait son métier autant par passion que par conviction. “J’ai grandi avec des garçons : j’ai quatre grands frères ! J’ai toujours fait des travaux comme eux. J’aurais adoré faire une filière électrotechnique ou mécanique, mais les filles n’avaient pas encore leur place. Après mon bac Vente Action Commerciale, j’ai postulé chez Tesa, où j’ai travaillé pendant sept ans au service après-vente et pièces détachées. J’aime ce côté technique et manuel qui fait qu’on répare pour que ça fonctionne à nouveau”, confie-t-elle, également initiée par le père d’une amie, électrotechnicien de métier.

Réparer à tous prix ?

En 2020, une semaine avant le confinement, elle démissionne pour se lancer à son compte. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le travail ne manque pas. “Je reçois entre 2 et 3 appels par jour”, indique-t-elle. La veille, suite à une publication sur les coulisses de son métier sur sa page Facebook, elle a enregistré 13 demandes.

Petit et gros appareils électroménagers, elle intervient avec minutie sur de nombreux objets du quotidien dont on ne saurait plus se passer, comme les machines à laver, à coudre ou à café, à l’exception des téléviseurs et des réfrigérateurs en cas de fuite de gaz. “Ce sont souvent les mêmes pannes, comme des évacuations bouchées, des suspensions, des ventilateurs ou des résistances qui lâchent. J’essaie de m’adapter au prix de l’appareil et à son ancienneté pour que ce soit rentable pour tout le monde. Ça peut aller de 2.500 francs pour une carte électronique ou une prise de terre à changer sur un blender, jusqu’à 30.000 francs pour les roulements d’une machine à laver”, indique-t-elle.

Dépanner, mais aussi conseiller

Rawena Temahahe n’échappe pas aux stéréotypes de genre. “Quand j’arrive, en tant que femme, les nouveaux clients sont souvent sceptiques, puis quand ils voient le résultat, mes explications et mes conseils pour éviter ce genre de problèmes, ils me rappellent”, assure-t-elle.

Mais cette maman de trois enfants concède et prévient : malheureusement pour l’environnement, tout n’est pas systématiquement réparable à moindre coût. À son échelle, elle essaie toutefois de lutter contre le gaspillage. “À la mer ou dans les rivières, tous ces déchets et encombrants à l’abandon, ce n’est pas beau à voir ! Mais il faut aussi que ce soit intéressant financièrement pour les gens, selon le coût des pièces à changer. Parfois, il faut passer par du neuf, surtout quand il y a trop d’électronique. Le secret, c’est de veiller à bien entretenir ses appareils”.

Pratique

Si cette thématique vous intéresse, les ateliers collaboratifs de réparation Tata’i de l’association Tia’i Fenua proposent régulièrement des rencontres à Tahiti et dans les îles.