A Himene Tahiti Iti : la chorale qui enchante la Presqu’île

Âgées de 50 à 70 ans, elles sont neuf "drôles de dames" à chanter pour leur plaisir et celui des autres. Une spontanéité qui a déjà amené Aimée Anihia et ses amies à se produire bénévolement à l’hôpital de Taravao, et bientôt dans les deux prisons de Tahiti (Photos : A Himene Tahiti Iti).
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Aimée, Suzanne, Yvette, Juanita, Aline, Martine, Betty, Titaua et Marie-Paule. Elles sont neuf “drôles de dames” de Taravao et Vairao à se retrouver chaque semaine depuis le mois d’août pour chanter, tout simplement.

Spontanéité et partage

Aimée Anihia, ancienne chargée de mission pour le Pays de 56 ans, est la cheffe de chœur de A Himene Tahiti Iti, ou Chantons la Presqu’île. “À l’école ou à l’église, j’ai toujours aimé chanter. C’est mon fils qui m’a encouragée à me lancer en me promettant de rentrer pour quelques semaines du Canada, où il suit des études de droit”, se souvient-elle.

Pour monter le groupe, Aimée Anihia s’est adressée à des voisines, des amies ou des cousines, qui se sont prises au jeu, entrainant d’autres femmes de 50 à 70 ans dans cette aventure musicale. Les chanteuses amateures se retrouvent au moins une fois par semaine à la mairie de Taravao pour les répétitions.

“Pour le répertoire, je fais au feeling : ça va de Mireille Mathieu à Marie Myriam, Vini Vini Vini, Aue Te Makatue, E Mauruuru A Vau, essentiellement en tahitien et en français. Ce sont des chants qui plaisent à tout le monde, mais qu’on n’entend plus forcément. Et on chante surtout a cappella”, confie la référente.  

Chanter pour les malades et les détenus

Leur bonne humeur et leur spontanéité leur a déjà valu d’être sollicitées par plusieurs instances. Depuis le mois d’octobre, elles enchaînent les prestations bénévoles à l’hôpital de Taravao, auprès des matahiapo de la commune, et bientôt dans les deux prisons de Tahiti.

“Ça s’est fait naturellement, via la première adjointe au maire de Taiarapu-Est, Titaua Vivish, qui fait partie de notre chorale. Au service de long séjour, c’était un moment rempli d’émotions pour les personnes âgées en fin de vie, comme pour nous. Au repas des anciens de la commune, il y avait 300 ou 400 personnes dans un bel élan de partage. Tout ça nous donne envie de continuer à chanter !”, témoigne Aimée Anihia, attachée avec ses amies à chanter par solidarité à l’approche des fêtes de fin d’année.

Elles ont dit : morceaux choisis

Aline Fermon : “C’est une première pour moi. J’ai tout de suite été partante et j’y ai vite pris goût !”.

Yvette Temarii : “Moi non plus, je n’avais jamais chanté dans une chorale. Ça me fait plaisir et ça me change un peu : ça me permet de sortir de chez moi et de voir du monde”.

Martine Alfonsi : “On chante à l’église ou dans les bringues. Là, c’est différent, c’est cool : on est entre femmes. Ça nous tient en forme et surtout, ça nous permet de rendre les gens heureux”.

Betty Matehau : “Avec notre bonne humeur, on est une chorale de détente qui va visiter les gens qui en ont besoin, en toute simplicité !”.