Violences conjugales : un couple écope de 14 mois et 8 mois de prison ferme

Situation plutôt rare au tribunal, ce jeudi 21 décembre. Un couple marié, en détention provisoire, était jugé pour des faits de violences conjugales "mutuelles". L'épouse a été condamné à quatorze mois de prison ferme. Le mari, quant à lui, écope de huit mois ferme. (Photo : SB/LDT)
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C’est un couple marié qui se présente à la barre du tribunal correctionnel, ce jeudi 21 décembre. Tous deux sont en détention provisoire depuis un mois. Les faits reprochés ? Des violences conjugales. Alors qu’il n’est malheureusement pas rare de voir des hommes se présenter au tribunal pour ce type de faits, il est peu fréquent d’y voir un couple réuni. Et c’est l’épouse qui écope de la plus lourde peine avec quatorze mois de prison ferme. L’homme est condamné à huit mois de prison ferme. Ils passeront les fêtes derrière les barreaux.

Elle a vingt-sept ans, il en a trente. Ils sont ensemble depuis six années et sont mariés. Ils n’ont pas d’enfant. Tous deux se présentent à la barre, non libres, pour des faits de violences conjugales survenus en novembre dernier. En cet après-midi du 25 novembre, l’homme rentre chez lui après le travail et après être allé chercher de quoi manger dans un fast food connu de la place. Il rentre quelque peu alcoolisé et après avoir fumé du paka. Il continue alors à boire avec son beau-frère dans le jardin.

Sa femme s’énerve alors dans la chambre du couple et s’en prend à divers objets. Le mari va la retrouver et les choses dégénèrent violemment. Des coups sont échangés. Le frère de la prévenue, présent, est obligé d’intervenir pour essayer de calmer au plus vite le déchainement de violence dont il est témoin. Un déchainement de violence mutuel. La prévenue téléphone alors à la gendarmerie qui se rend sur place.

“Il faut surtout arrêter de boire et de fumer. Ca fait péter une pile!”

Résultats des courses : une dent cassée, un œil au beurre noir, une plaie à la bouche et quatre jours d’interruption temporaire de travail pour madame, contre trois jours pour monsieur qui a aussi pris des coups et qui se retrouve avec un œil amoché. Lors de son intervention, la gendarmerie trouve quinze pieds de cannabis. Les analyses toxicologiques et d’alcoolémie sont positives pour monsieur. L’épouse est également sous l’influence du pakalolo.

Devant les magistrats, les explications données par le couple restent floues. L’homme, qui veut assumer l’entière responsabilité, explique qu’il a vu sa femme avec un téléphone et qu’il a pensé, sous les effets de l’alcool et du paka, qu’elle communiquait avec d’autres personnes. “Je dois travailler sur moi-même” dit-il au juge qui lui rétorque “Il faut surtout arrêter de boire et de fumer. Ca fait péter une pile!”. La femme explique quant à elle qu’elle s’est énervée car son tane ne faisait pas attention à elle.

Un couple déjà connu pour des faits similaires, et en état de récidive légale, puisque condamnés à deux mois de prison avec sursis en décembre 2022. La femme compte au total sept mentions à son casier judiciaire. En plus des violences, elle a déjà été condamnée pour conduite sans permis en état d’ivresse, pour contrefaçon et falsification de chèque ou encore vol aggravé et abus de confiance. Des faits pour lesquels elle a été condamnée en 2022 à un an de prison avec sursis. L’homme est “moins connu” avec quatre mentions, essentiellement pour usage et trafic de stupéfiants.

“On n’a pas affaire à une blanche colombe”

Les deux protagonistes sont assistés d’avocats qui rejettent les responsabilités. “C’est de la légitime défense” plaide la défense de la prévenue. “On n’a pas affaire à une blanche colombe” défend l’avocate du mari. Selon la procureure de la République, les responsabilités sont partagées. Les photos des deux prévenus, après les violences, montrent selon elle, que la femme avait avait la volonté de s’en prendre à son conjoint. Tout cela, continue t-elle, sur fond toujours, d’alcool et de paka.

Pour ces faits, la représentante du ministère public demande à ce que le couple soit maintenu en détention et condamné à six mois de prison ferme pour madame et un an ferme pour monsieur. Elle réclame également la révocation, de moitié, du sursis d’un an, d’avril 2022, de la femme, ainsi que pour chacun, la révocation des deux mois de sursis pour lesquels ils avaient été condamnés en décembre 2022.

Après en avoir délibéré, la cour déclare le couple coupable des faits reprochés et condamne les deux époux à six mois de prison ferme, ainsi que la révocation des deux mois de sursis qui pesaient sur chacun et, en plus, de la révocation de moitié du sursis d’une année qui pesait sur l’épouse.

Au total le mari passera huit mois derrière les barreaux et son épouse quatorze mois. S’étant constitué partie civile, son conjoint est condamné à lui payer la somme de 300 000 F, au titre du préjudice moral subi.