Sécurité routière : un “certain relâchement” chez les conducteurs

L'année 2023 s'achève avec un bilan provisoire de 154 accidents, 174 blessés et 33 décès (Photo : FB Pereo'o News/Maito Jarillo).
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Tandis que le haut-commissariat renouvelle son appel à la prudence à l’approche de la Saint-Sylvestre (lire encadré ci-dessous), Nino Bonis, directeur de l’association de la prévention routière en Polynésie française et délégué à la sécurité routière auprès du procureur de la République, a répondu à nos questions pour dresser un état des lieux de la situation.

Le triste record de 1997

Les chiffres restent relativement stables entre 2023 et 2022, avec 154 accidents, 174 blessés et 33 décès cette année (à ce jour), contre 169 accidents, 195 blessés et 35 décès l’an dernier. “Plus de 50 % des véhicules impliqués sont des deux-roues et il y a souvent présence d’alcool”, précise Nino Bonis.

En matière de sécurité routière, les chiffres ne sont jamais bons, car “il vaut mieux mourir de vieillesse que sur la route”. Toutefois, si on prend un peu de recul, il faut se souvenir que la situation a été pire. “Dans les années 1980, les chiffres étaient de 330 accidents, 480 blessés et 45 tués. Un triste record a été atteint en 1997 avec 585 accidents, 785 blessés et 63 tués. À partir de 2000, on s’est sérieusement attelés au problème et on a mis quinze ans pour arriver à 17 tués entre 2014 et 2015”, rappelle le référent.

“Conduire, c’est difficile, et on l’a oublié”

Cette prise de conscience collective connaît donc des hauts et des bas. Nino Bonis estime que les mauvais chiffres sont dus à “un certain relâchement”. “Conduire, c’est difficile, et on l’a oublié. Ce n’est pas naturel comme la marche. C’est une action qui nécessite toute notre vigilance. Ce n’est pas un acte banal. On n’est pas fait pour conduire et téléphoner ou envoyer un SMS en même temps, par exemple”.

Lors des stages délits et contraventions organisés pour les conducteurs qui ont été condamnés ou verbalisés, il continue de voir des “choses aberrantes” qui vont à l’encontre des règles les plus élémentaires : absence de ceinture, excès de vitesse, alcool, drogues, etc. Quant à la fatigue liée aux trajets saturés entre le nord et le sud de Tahiti, elle ne concernerait qu’une minorité d’accidents. Faute d’alternative dans l’immédiat, il n’y a pas d’autre solution que de “s’organiser en conséquence”.

Malgré la sensibilisation dans les établissements scolaires (10.000 élèves par an) et les diverses campagnes de prévention à l’intention du grand public, parfois, le message ne passe pas. “Et quand on refuse les règles, la dernière option, c’est la répression”, conclut Nino Bonis.

Le “message de prudence” du haut-commissariat

Les fêtes de Noël ont été endeuillées par deux accidents de la route mortels, lesquels ont emporté deux jeunes qui circulaient en deux-roues. Le haut-commissariat annonce que le dispositif de sécurité mis en place depuis la semaine dernière par les forces de l’ordre se traduira par des contrôles routiers intensifiés cette semaine, jusqu’au réveillon du Nouvel An. Mercredi 27 décembre 2023, 70 deux-roues ont été contrôlés à Papeete par la Police Nationale, l’occasion de rappeler les consignes quant au port du casque et d’effectuer des dépistages de stupéfiants et d’alcool. En cette période de festivités en famille ou entre amis, le représentant de l’État appelle “au respect du code de la route, à la prudence et à la responsabilité”.

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