La cueillette des letchis bat son plein… à la Presqu’île !

Chez les Teixeira, la récolte se fait en famille à l'aide d'une tractopelle pour atteindre les fruits (Photos : ACL/LDT).
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En Polynésie, les letchis sont essentiellement produits aux Australes, où la fraîcheur du climat est adaptée. En fin d’année, la production n’était pas à la fête, notamment en raison des conditions météorologiques.

Les plus chanceux goûteront peut-être des letchis en provenance de la Presqu’île. Vendredi 5 janvier 2024, la famille Teixeira a procédé à la cueillette avec des proches et des amis. La récolte est plus tardive, car elle intervient au lendemain des fêtes, et les fruits sont moins nombreux, mais les 30 pieds majestueux ont quand même produit de beaux et bons fruits.

Deux variétés, dont une hawaiienne “exceptionnelle”

“Ces arbres ont une trentaine d’années”, confie Kalani Teixeira. “Depuis notre rencontre avec ma femme, on plantait des ‘auti. Dans un centre de recherches à Hawai’i, on a découvert une variété pour laquelle j’ai eu un coup de foudre. J’ai aussi écouté mon père, qui me conseillait depuis longtemps de planter des letchis. Et je ne le regrette pas aujourd’hui !”, remarque l’exploitant et ancien ministre de l’Agriculture.

Ce letchi hawai’ien est “un produit rare et exceptionnel”. En plus de présenter l’avantage d’un arbre qui ne pousse pas trop haut, “les fruits sont gros, les noyaux sont petits et la chair est excellente, juteuse, ferme et sucrée”. La famille cultive aussi une variété tahitienne, connue pour offrir d’importants rendements quand les conditions sont réunies.

Les meilleures années, la récolte se chiffre en tonnes. Cette année, il faudra se contenter de quelques centaines de kilos. “Il faut un choc thermique lors de la floraison pour que la production soit bonne. Ici, on est situé à 150 mètres d’altitude et la température peut descendre à 23 ou 20 degrés”, explique Kalani Teixeira. “Mais ce qui m’importe le plus, c’est de voir mes enfants et mes petits enfants en profiter !”.

“C’est devenu un rituel”

Perchée au sommet de la tractopelle, on retrouve justement sa fille aux commandes de la cueillette. “J’ai grandi dedans : c’est un rendez-vous annuel qui me plaît toujours autant. C’est devenu un rituel ! D’abord on cueille les grappes, puis il faut passer au triage des fruits un par un. Ils sont livrés en grandes surfaces et à des particuliers. C’est le rush, car il faut préparer les paquets et livrer le jour-même. Tout est déjà réservé : on a beaucoup de demandes”, confie Mihilani Teixeira.

À 2.000 francs le kilo, les adeptes de letchis n’hésitent pas à faire durer l’esprit des fêtes grâce à ce fruit emblématique, aussi savoureux qu’irrésistible.