Nouvelle-Calédonie: manifestation de salariés de l’usine de nickel Prony Resources

Le secteur du nickel calédonien, poumon économique du territoire qui représente 24% de l'emploi privé en Nouvelle-Calédonie selon un rapport de l'Inspection générale des finances (IGF), est en proie à de grandes difficultés. (Photo Prony)
Le secteur du nickel calédonien, poumon économique du territoire qui représente 24% de l'emploi privé en Nouvelle-Calédonie selon un rapport de l'Inspection générale des finances (IGF), est en proie à de grandes difficultés. (Photo Prony)
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Plusieurs dizaines de salariés de l’usine métallurgique Prony Resources et de ses sous-traitants ont manifesté vendredi à Nouméa, inquiets pour l’avenir de l’entreprise, entrée en procédure de conciliation alors que le secteur du nickel dans l’archipel français de Nouvelle-Calédonie est en grande difficulté.

Les manifestants ont rencontré les dirigeants de la province Sud, collectivité actionnaire de Prony Resources, un rendez-vous qui “a rassuré sur les perspectives de l’entreprise”, a indiqué Alexis Falatameguia, délégué syndical de l’Union syndicale des ouvriers et employés de Nouvelle-Calédonie (Usoenc).

Le porte-parole du Syndicat des rouleurs, sous-traitants effectuant le transport du minerai, Teli Lamata, a de son côté justifié les licenciements intervenus chez ses adhérents par les difficultés rencontrées par le métallurgiste.

Selon la direction de l’entreprise, “les mesures prises ces derniers mois ont permis de préserver la trésorerie, et de repousser l’échéance de la cessation de paiement de plusieurs semaines dans l’attente d’un soutien”, a indiqué à l’AFP Denis Loustalet, directeur hygiène, sécurité, risques opérationnels et environnement de Prony Resources.

Fin 2012, la dette de l’entreprise était estimée à 149 millions d’euros. Placé il y a quelques mois sous mandat ad hoc, procédure préventive destinée aux entreprises en difficulté, le métallurgiste, qui emploie 1.357 salariés et fait travailler 1.781 sous-traitants, est désormais en procédure de conciliation auprès du tribunal de commerce, a précisé M. Loustalet.

Le secteur du nickel calédonien, poumon économique du territoire qui représente 24% de l’emploi privé en Nouvelle-Calédonie selon un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), est en proie à de grandes difficultés.

Lors d’une visite en décembre dernier, le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire avait estimé à 1,5 milliard d’euros “les besoins immédiats” de financement des trois usines du territoire.

Il avait également précisé que, si le gouvernement était prêt à venir une nouvelle fois en aide au secteur, qui a bénéficié de plus de 700 millions d’euros d’apport depuis 2016 selon l’IGF, ce nouveau soutien serait conditionné à la signature d’un accord politique permettant un développement pérenne de la filière.

La visite n’avait pas permis de parvenir à un accord, mais le ministre avait estimé que celui-ci était “à portée de main”.

Une nouvelle réunion du groupe de travail chargé de discuter de cet accord doit avoir lieu le 15 janvier à Nouméa, en présence d’experts mandatés par Bercy.

AFP