1000 milliards de dollars, le prix du changement climatique pour les pays du Pacifique, selon l’ONU

Les pays insulaires du Pacifique "souffriront des pertes élevées dans tous les changement scénarios du climatique actuels" selon les Nations unies. (Photo ONU)
Les pays insulaires du Pacifique "souffriront des pertes élevées dans tous les changement scénarios du climatique actuels" selon les Nations unies. (Photo ONU)
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Mille milliards de dollars, pour les cinéphiles, c ‘est l’avant-dernier film de l’acteur français Patrick Dewaere et surtout le dernier sorti de son vivant. Mais Mille milliards de US dollars c’est aussi l’évaluation, par les Nations Unies, du coût “a minima” du bouleversement climatique pour les pays insulaires du Pacifique d’ici 2050.

“Le coût des dommages résiduels dus au changement climatique et les pertes qui en résultent augmentent et devraient dépasser mille milliards de dollars d’ici 2050” écrit en effet l’ONU dans un document préparatoire à la COP27 qui précise qu’elle utilise “des estimations prudentes“. Dans le Pacifique insulaire, les “stratégies d’adaptation restent sous-développées”.

Parce que les cultures du Pacifique sont hautement dépendantes de leur environnement naturel (…), les dégâts liés au changement climatique ont de graves conséquences économiques et culturelles. (Photo ONU)


La science du climat et les projections récentes montrent que les pertes sont désormais “intégrées” à tous les scénarios, en particulier pour les pays insulaires du Pacifique “qui souffriront des pertes élevées dans tous les scénarios actuels du changement climatique”. Les rapports du GIEC confirment l’ampleur des bouleversements que les petits États insulaires devront subir quelles que soient les mesures prises au cours de la prochaine décennie, en raison de “l’inertie climatique”.

L’ONU considère même que l’effort d’adaptation est impératif face à “une menace existentielle inacceptable pour les sociétés du Pacifique”. Lors de la COP27, les parties ont convenu d’établir un fonds dédié et des modalités de financement en compensation des pertes et des dégâts subis.

Parce que les cultures du Pacifique sont hautement dépendantes de leur environnement naturel et des services écosystémiques associés, les dégâts liés au changement climatique ont de graves conséquences économiques et culturelles. L’ONU évoque la nécessité d’un “soutien ciblé pour créer des alternatives, quantifier les pertes, financer la retraite prévue et réhabiliter les communautés et les pratiques culturelles”.

Car sans un financement supplémentaire pour faire face aux pertes et dommages, l’ONU estime que les dépenses publiques nécessaires pour résoudre les problèmes urgents sont susceptibles d’accroître la dette, ralentir le développement et “conduire finalement à des degrés de pertes plus élevés et des dommages à l’avenir.”

L’ONU rappelle que le bouleversement climatique place les pays du Pacifique insulaire face à des problème de “sécurité nationale” et de souveraineté, induits surtout par l’élévation du niveau de la mer et sa multitude d’implications pour les pays insulaires du Pacifique. Le rythme d’élévation du niveau de la mer est, selon le document, “souvent supérieur aux moyennes mondiales en raison des interventions côtières qui impliquent des compromis, une offre complexes et un fort potentiel de maladaptation”.

L’ONU reconnaît que “la confluence de ces impacts” nécessitera parfois une relocalisation, une migration interne et, dans certains cas, une migration transfrontalière. Et insiste sur la nécessité d’établir des protections juridiques et un soutien juridique pour créer aborder les questions émergentes autour de l’identité, de la souveraineté, des droits de propriété et des responsabilités dans le cadre de la mondialisation.