Manihi : huit requins pêchés “par erreur”, leurs cadavres jetés à l’eau

Huit cadavres de squales ont été découverts dans la marina de Manihi. Ils auraient été pêchés "par erreur". (Photo : FB/Océane Dechesne)
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C’est une internaute qui a donné l’alerte sur Facebook, lundi 8 janvier vers 17 heures. Huit requins à pointes noires ont été retrouvés sans vie dans la marina de l’atoll de Manihi. “Ceux qui viennent pêcher à la marina, laissez les requins tranquilles. Ils sont chez eux !“, a t-elle dénoncé, alors que sous la publication, une autre internaute commente : “leurs yeux ont été arrachés, on les a tués. Il y a du sang à la marina”.

Les corps des squales ont été récupérés dans la matinée du mardi 9 janvier par l’équipe technique de la mairie et les agents municipaux de l’atoll. Selon Fabienne Bennett, secrétaire générale de l’hôtel de ville, “les cadavres sont liés à une activité de pêche“. “Nous avons retrouvé des hameçons au niveau de leur mâchoire“, précise-t-elle. 

“Erreur humaine”

Les responsables ont été identifiés. Ils ont expliqué que les requins avaient été “attrapés par erreur“. En effet, alors qu’ils pêchaient des ‘ōperu (sardines) et des carangues dans la marina du village, aux alentours de 3 heures, ils auraient appâté les requins dans la foulée. “Ils ne se sont pas rendus compte qu’ils avaient attrapé autant de squales. Au lieu de les relâcher immédiatement après la prise, ils les ont mis de côté“, explique Fabienne Bennett. Ce sont des enfants du village qui ont sorti les cadavres de l’eau, le lendemain. 

Suite à cet épisode, la gendarmerie a été informée. John Drollet, tavana de Manihi, laisse l’enquête des forces de l’ordre se poursuivre. “Nous sommes désolés car c’est dommage d’en arriver là. Nous remettrons une note d’information à la population pour appeler à la vigilance de chacun et rappeler la réglementation concernant la pêche aux requins“, conclut Fabienne Bennett. 

Pour rappel, depuis 2006, la pêche, la mutilation et l’abattage des requins est interdite dans les eaux polynésiennes. Le non respect de cette loi est passive de lourdes amendes, jusqu’à un million de francs et à la confiscation du matériel. 

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