Un nouveau projet d’extractions suscite l’inquiétude dans la vallée de la Mapuaura

À l'issue de la rencontre, les participants ont été invités à partager leur point de vue dans le cahier de doléances (Photos : ACL/LDT).
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Mercredi 10 janvier, en fin de journée, une cinquantaine de résidents et propriétaires de la vallée de la Mapuaura ont répondu à l’invitation lancée par l’association A Paruru e a faahotu ia Mapuaura, dans le cadre d’une réunion d’information publique organisée à la mairie de Faaone, en présence de deux élus municipaux. Objet de la rencontre : une consultation publique en cours concernant l’étude d’impact sur l’environnement d’un nouveau projet d’extractions de grande ampleur.

207.000 m3 sur dix ans d’exploitation

Dans cette étude signée Pae Tai Pae Uta, on apprend que les travaux envisagés seront réalisés sur une parcelle privée par l’entreprise RBK de la famille Dudes, assistée par l’entreprise Palacz pour des tirs de dynamite selon un cahier des charges précis. Il est prévu d’extraire 207.000 m3 de matériaux des pentes sur une durée de dix ans. Transportés par des camions bumper, puis des camions routiers, les blocs extraits sont destinés à des travaux de renforcement de berges. Des travaux de défrichage et de terrassement sont également prévus. À terme, il serait envisagé de convertir une partie de la zone d’extractions en serres hydroponiques, avec un maintien des berges via des plantations de mape.

Sur le plan environnemental, un “risque réel” de colonisation par des espèces nuisibles est mentionné. Il est également souligné que le site positionné en vallée moyenne “peut présenter des enjeux en termes d’espèces protégées”. Au chapitre culturel, “aucun vestige” n’aurait été “aperçu dans la zone d’extraction”.

Outre les nuisances sonores, un autre point a attiré l’attention du bureau d’études, à juste titre. “Le contexte humain de la vallée est très difficile et regroupe des freins puissants comme le statut foncier, la propriété familiale et l’absence de concertation, limitant voire empêchant toute approche d’exploitation concertée”, est-il mentionné. En 2021, la vallée avait vécu au rythme des blocages pendant plusieurs mois, suite à des abus de la part des extracteurs, dont la société RBK.

Recueil des avis jusqu’au 2 février

Pendant un peu plus de deux heures, les personnes présentes ont eu l’opportunité de partager leurs points de vue, majoritairement défavorables au projet. À l’issue de la rencontre, certains participants ont inscrit leurs remarques dans le cahier de doléances prévu à cet effet. L’étude d’impact sur l’environnement est consultable dans les mairies de Faaone et Taravao, ainsi qu’à la Direction de l’Équipement, avec les registres associés, jusqu’au vendredi 2 février.

La parole à…

Pierrot Metua, adjoint au maire de Taiarapu-Est : “On voulait informer clairement la population par rapport à ce qui est envisagé dans la vallée. La population est inquiète par rapport au cubage annoncé concernant ce projet de carrière par cette société, qui a un lourd passif dans cette vallée. Il y a aussi un sentiment d’inégalité de traitement foncier par rapport à la servitude de curage, et une demande récurrente de pouvoir accéder librement au fond de cette vallée”.

Moroni Tekurio, maire délégué de Faaone : “C’est bien qu’il y ait une activité économique au sein de la vallée, mais en respectant l’environnement et l’avis des propriétaires. C’est important que cette décision soit prise en concertation pour l’intérêt général et dans le respect des propriétés de chacun. Il faut maintenir le dialogue ouvert avec la société, qui malheureusement n’est pas représentée aujourd’hui”.

Anthony Tihoni, président de l’association A Paruru e a faahotu ia Mapuaura : “Je ne serais peut-être pas contre le projet s’il ne s’agissait pas de la même entreprise. D’où cette appel à la population de Faaone pour encourager les gens à donner leur avis dans le cahier de doléances, en sachant que ce soir, oralement, la majorité des personnes présentes étaient contre. La prochaine étape, ce sera de voir ce que va donner la consultation publique. Je n’aime pas bloquer pour bloquer. Tout ce qu’on espère, c’est que la population sera entendue”.

Un résident de la vallée : “Je ne suis pas contre, mais je ne suis pas pour. C’est le projet d’une société sur son terrain. Seulement, il faut contrôler que tout est fait dans les règles de l’art, car on a déjà eu des problèmes avec cette entreprise. On n’a plus confiance. J’aurais aimé qu’un représentant de RBK, mais aussi de l’Environnement et de l’Équipement soient présents à cette réunion”.

Une résidente de la vallée : “Je suis contre ce projet. On a déjà donné une chance à cette entreprise, qui a fait n’importe quoi ! Je n’ai pas envie que la vallée soit abimée par ces travaux. Il faut la laisser comme elle est pour nos enfants. Mieux vaut planter pour se nourrir”.

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