Cambriolages en série au centre d’accueil pour adultes handicapés de Taravao

Le responsable éducatif déplore l'impact de ces vols avec effraction sur le moral des usagers et de l'équipe, pénalisés dans leur travail (Photo : ACL/LDT).
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L’année 2024 n’a pas commencé sous les meilleurs auspices au centre Ueue Te Aroha de Taravao. Gérée par l’association Taatiraa Huma Tahiti Iti, la structure, qui accueille entre 15 et 40 adultes handicapés, a déjà été cambriolée deux fois ce mois-ci.

Plusieurs outils de travail dérobés

Les voleurs ont visiblement profité de la fermeture annuelle de l’établissement pour s’y introduire, cassant vitres, montants de portes et cadenas. “Le week-end du Nouvel An, entre le samedi 30 décembre et le lundi 1er janvier, c’est l’administration qui a été prise pour cible. Ils ont réussi à casser le double vitrage de la porte avec un pot de peinture. Les bureaux ont été saccagés et vandalisés. Quatre ordinateurs portables ont été volés dans les casiers des agents, et aussi des archives comptables et du papier toilette, ce qui est plus surprenant”, déplore la directrice, Maimiti Fanaura.

Un second vol s’est produit cette semaine, dans la nuit du mercredi 10 au jeudi 11 janvier. “Deux locaux ont été fracturés : le vestiaire des hommes, où des tenues de travail ont été volées, et l’atelier d’agriculture, où on nous a pris les moteurs de deux débroussailleuses récentes. Les ossatures ont été retrouvées dans le ruisseau qui se situe juste derrière le centre”, détaille le responsable éducatif, Gwenaël Riche.

“Ça pèse sur le moral et ça nous pénalise”

Ces incidents ne sont pas sans conséquences logistiques et morales. “On est en difficulté pour maintenir l’activité d’entretien de jardins, car il nous manque du matériel. On sent aussi une baisse de moral chez les usagers et les salariés : deux cambriolages en dix jours, c’est pesant !”, remarque le référent. “On essaie de rassurer tout le monde, mais ça pèse sur le moral des équipes. Il faut garder la tête haute devant les usagers, pour ne pas les bouleverser. L’objectif, c’est qu’ils se sentent en sécurité. Ce n’est que du matériel, mais ça nous pénalise quand même au niveau de notre travail”, confirme Maimiti Fanaura.

Deux plaintes ont été déposées à la gendarmerie de Taravao. L’équipe compte sur l’enquête en cours pour “que ces actes ne restent pas impunis”. “On accueille des personnes qui ont des fragilités et des difficultés, et ces vols nous empêchent de mener à bien nos missions”, regrette Gwenaël Riche.

Des locaux régulièrement pris pour cible

Les anciennes bâtisses du centre Ueue Te Aroha sont régulièrement prises pour cible. Le précédent cambriolage remonte à juin 2023. Des grilles ont été installées aux fenêtres, des rondes sont organisées les week-ends et les salariés dorment parfois sur place en cas d’événement mobilisant du matériel, mais les cambriolages persistent d’année en année.

En attendant la concrétisation du projet de reconstruction des locaux sur un autre site, l’association gestionnaire envisagerait de renforcer les dispositifs de sécurité pour tenter de se prémunir contre de nouvelles intrusions.

La parole aux usagers du centre

Orlando : “On m’a volé mon tee-shirt de travail. Au lieu de voler chez les handicapés, ils feraient mieux de travailler, comme nous, pour aller acheter ce qu’ils veulent. Il n’y a pas de choses précieuses ici : le peu qu’on a, on nous le vole. Ils devraient avoir honte !”.

Alec : “On m’a volé mes sabots de cuisine. C’est embêtant, car je vais devoir m’acheter une nouvelle paire pour travailler en sécurité. Ces gens qui viennent nous voler : ils n’ont pas de conscience ? C’est nul et incroyable, je ne trouve pas d’autres mots”.

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