Plongez dans l’univers coloré et décalé de TeVa Vae

L'artiste nous a ouvert les portes de son chalet-atelier à Toahotu, à l'aube de sa première exposition à la Brasserie Hoa, le mois prochain (Photos : ACL/LDT).
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Sa boîte aux lettres customisée annonce la couleur. À Toahotu, le chalet de Sophie est un véritable atelier-galerie, et vice-versa. TeVa Vae, de son nom d’artiste en hommage à ses deux enfants, est originaire de la région parisienne. En 1999, elle a quitté la grisaille de la capitale pour les couleurs chaleureuses de la Polynésie.

Une créativité innée

Après une expérience dans la vente, elle s’est tournée vers la confection de pareu en voile de coton, peints à la main dans des tons pastels. “J’ai toujours dessiné partout, tout le temps, depuis l’enfance, y compris sur les murs !”, s’amuse-t-elle à 55 ans, au sujet de cet élan de créativité qui ne l’a jamais quittée.

La frontière entre l’artisanat et l’art est mince. TeVa Vae, c’est aussi une explosion de couleurs vives sur kakémono ou sur toiles. Une diversité de formats, mais avec une prédilection pour les grandes surfaces travaillées à la peinture acrylique, avec une touche de feutre Posca.

Ce trait noir assumé se retrouve dans chacune de ses œuvres. “Sur un pāreu, on commence par le serti, puis c’est du coloriage. Pour un artiste, c’est un peu contraignant de ne pas dépasser… Pour mes tableaux, je peins d’abord, puis je fais les contours. Un peu comme en street art. D’ailleurs, j’aurais adoré faire de gigantesques fresques ! Peut-être dans une autre vie ?”.

Son goût pour l’art moderne et les couleurs “avec un petit grain de folie dans les compositions” remonte une fois encore à l’enfance. “Depuis petite, j’admire les œuvres de Niki de Saint Phalle, notamment les Nanas. Plus grande, j’allais à Beaubourg (centre Pompidou, à Paris, ndlr) pour voir la Fontaine (Stravinsky, ndlr)”, se souvient-elle.

Des collections variées

Ses collections se suivent, mais ne se ressemblent pas. TeVa Vae oscille entre des mélis-mélos de poissons fous (Apiapi), des zooms sur des scènes de la vie quotidienne locale, des visages féminins plus sobres aux lignes inspirées du cubisme (Hoho’a), des savates extravagantes (SavaTiki) et des Gauguin revisités, sans oublier ses Nanas polynésiennes.

Des tatouages se glissent çà et là, ainsi que des références à ses animaux de prédilection, parfois avec une pointe d’humour. “Je ne me prends pas trop au sérieux. Je veux faire des choses joyeuses pour que les gens puissent avoir des points de couleurs chez eux. On me dit parfois que mes Nanas ou mes Visages sont tristes, mais je dirais plutôt que ces femmes ne sont plus naïves, avec au contraire une certaine clairvoyance”, explique l’artiste.

Une première exposition à la Brasserie Hoa

Si vivre de son art n’est pas chose aisée, TeVa Vae s’accroche à ce moyen d’expression qui continue de l’animer. Ouverte à l’organisation d’ateliers créatifs pour enfants, elle a confié certaines de ses œuvres à la galerie Naty’Art de Taravao.

Elle prépare actuellement sa première exposition à la Brasserie Hoa. Le vernissage est fixé au jeudi 8 février, à 18 heures, et ses créations seront visibles sur place jusqu’au samedi 2 mars. Elle participera également à l’exposition du collectif Fait main à la Presqu’île, du vendredi 9 au dimanche 11 février, à la mairie de Toahotu.

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