Heiva i Tahiti : ‘O nounouhia défendra les couleurs de Papara

Les répétitions ont commencé le 16 janvier, trois fois par semaine. La cheffe de troupe, Ornella Apuarii, lance un appel aux danseurs masculins (Photos : ACL/LDT).
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Sous le chapiteau Hotuhau, les répétitions pour le Heiva i Tahiti 2024 ont commencé la semaine dernière. Le rythme est déjà soutenu avec trois séances hebdomadaires supervisées par Ornella Apuarii, cheffe de la troupe ‘O nounouhia no Papara.

Directrice de l’école de danse du même nom depuis un an et demi, elle a participé plusieurs fois en tant que danseuse et répétitrice à cet événement culturel incontournable avec les groupes de Tipaerui, Mataiea, Vairao, Teva i Tai ou encore Papara, en 2017.

Plus de trois ans de réflexion et de travail

À 38 ans, c’est épaulée par son conjoint, Ariihoro Temauriuri, et leurs trois enfants, qu’Ornella Apuarii se lance dans l’aventure pour représenter sa commune sur la scène de To’ata. “J’y pense depuis 2019, et j’y travaille vraiment depuis trois ans, dont un an et demi avec des personnes ressources. Je sais ce que je veux et ce que je ne veux pas, et les danseurs le savent. Il y a quatre valeurs qui me tiennent à cœur dans la préparation du Heiva : le respect, la discipline, le partage et l’esprit de famille”, explique-t-elle.

C’est d’ailleurs son “frère de cœur”, Torea, qui a nommé la troupe et son école de danse. Un nom qui signifie “convoiter” pour exprimer cette part de désir qui lie les danseurs au ‘ori Tahiti.

Au-delà de la compétition et des prix en jeu, le troupe aura un message fort à faire passer. “On a pris du temps pour l’écriture du thème. Je l’avais déjà depuis longtemps, mais c’est un événement récent dans ma vie qui a confirmé mon choix. C’est un thème qui pousse à la réflexion et qui me tient à cœur, comme à toute l’équipe. Je pense que tout le monde se reconnaîtra, mais c’est encore trop tôt pour en parler”, confie Ornella Apuarii.

Un appel aux danseurs masculins

Les inscriptions se poursuivent pendant encore au moins deux semaines, avec un enjeu de taille chez les tāne. “Au total, on est 110, et on peut monter jusqu’à 120, avec un minimum de 60. On manque surtout de garçons. C’est un véritable problème… Ceux qui n’ont jamais dansé de leur vie ont honte. Certains viennent nous observer, mais ils n’osent pas franchir le pas, c’est dommage !”.

“On encourage les hommes à nous rejoindre, car ça fait quand même sept ans que Papara n’est pas remonté sur scène ! Les jeunes et les anciens danseurs sont les bienvenus pour représenter fièrement la commune. On veut montrer que le ‘ori Tahiti existe toujours à Papara”, poursuit Ariihoro Temauriuri, en tant que chorégraphe masculin et président de l’association de la troupe.

Après une première levée de fonds en octobre, le groupe organisera un bal le samedi 24 février, sur son site de répétitions. “Je remercie tous mes référents au niveau de l’orchestre, des auteurs, des costumières, des compositeurs, des répétitrices et des soutiens administratifs, sans oublier la commune de Papara. C’est beaucoup de travail !”, conclut la cheffe de troupe.

Taaroa, 40 ans, danseur de Mataiea :

“À tous ceux qui hésitent encore : osez vous lancer !”

“C’est la première fois que je participe au Heiva i Tahiti ! Ma motivation, c’est que ma femme et mes enfants dansent déjà dans l’école d’Ornella. Vu que madame a souhaité se lancer dans le Heiva, je me suis dit : pourquoi ne pas participer, moi aussi ? Puisque je suis là. C’est un plaisir, parce que c’est notre culture et parce qu’une troupe, c’est comme une famille. Je pense que c’est une expérience à vivre. À tous ceux qui hésitent encore : osez vous lancer !”.

Infos et contacts sur la page Facebook de ‘O nounouhia no Papara.

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