Teanavai, Rahera, Vetea, Ranitea : ils porteront la flamme olympique à Tahiti

Quatre des 124 porteurs polynésiens de la flamme olympique se confient sur leur parcours sportif, ainsi que sur leur émotion d'avoir été choisis pour mener le relais entre Teahupo'o et Papeete, le 13 juin prochain (Photos : archive LDT / FAPF / DR).
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Le 15 janvier dernier, 80 % des porteurs de la torche de la flamme olympique de Paris 2024 ont été officialisés. Entre mai et juillet, les 11.000 personnes sélectionnées se relaieront au départ d’Olympie, en Grèce, et à travers la France, sans oublier les territoires d’Outre-mer. En Polynésie, le relais de la flamme est fixé au jeudi 13 juin, à Tahiti.

Localement, 124 porteurs ont été désignés pour relier la pointe Fare Mahora de Teahupo’o à la place To’ata de Papeete. Certains l’ont déjà annoncé publiquement, comme Hira Teriinatoofa, coach de l’équipe de France de surf qui endossera également le rôle de capitaine du relais collectif olympique, et Miss Tahiti 2013, Mehiata Riaria, aussi connue pour ses talents de surfeuse.

À leurs côtés, on retrouve des athlètes et des acteurs du mouvement sportif local de tous âges et de tous horizons. Quatre d’entre eux ont accepté de partager un aperçu de leur parcours sportif, ainsi que leur émotion à l’annonce de leur sélection en tant que porteurs de la flamme.

Teanavai Perez, jeune championne d’athlétisme en or

Originaire de Faa’a, Teanavai Perez est actuellement en classe de seconde. À 15 ans, la jeune athlète de 1m82 spécialisée en saut en hauteur, course de haies et heptathlon a déjà tout d’une grande. Passionnée d’athlétisme depuis l’âge de 3 ans, la licenciée du club Tefana totalise notamment trois records de Polynésie de saut en hauteur et une médaille d’or aux championnats de Nouvelle-Zélande 2023. Elle a également participé aux championnats de France et aux derniers Jeux du Pacifique, où elle a une nouvelle fois brillé et décroché l’or.

“J’étais très contente d’apprendre que j’avais été choisie, grâce à ma maman qui m’avait inscrite. Pour moi, c’est une belle opportunité de pouvoir porter la flamme olympique, en sachant que c’est une première à Tahiti et que ça ne se reproduira peut-être jamais. Je suis quand même assez fière ! Cette sélection me conforte dans le fait qu’il faut croire en soi et en ses rêves”.

Rahera Afo, basketteuse et bénévole de 80 ans

À 80 ans, Rahera Afo figure parmi les doyens de l’événement. Bénévole au sein du club de basket des Toro’z de Taravao, elle a fait partie de la sélection tahitienne dans les années 1970 avec plusieurs médailles aux Jeux du Pacifique. Inscrite par des professeurs de sport du collège de Taravao touchés par son parcours et son investissement, la championne de basket issue du club Excelsior nous a confié son émotion à l’annonce de cette ultime sélection.

“Je suis très heureuse d’avoir été choisie, d’abord parce que je suis née à Teahupo’o. J’ai eu l’accord de mon docteur pour participer, donc c’est parti ! Je n’aurais jamais pensé porter un jour la flamme olympique, encore moins à mon âge. C’est un honneur : j’espère que ça va motiver nos jeunes à l’approche des Jeux du Pacifique, qui se tiendront chez nous en 2027”.

Vetea Tepa, footballeur et cycliste rescapé d’un accident

À l’aube de ses 50 ans, Vetea Tepa est un féru de football et de cyclisme. Joueur et encadreur aux clubs Vénus, puis Manu-Ura, il a remporté plusieurs titres en équipe, dont sept fois le championnat de Polynésie, et participé à de nombreuses compétitions (Coupe de Polynésie, Coupe de France, Coupe des DOM-TOM, Jeux du Pacifique). Il a été stoppé dans son élan en 2013, suite à un grave accident de la route consécutif à la chute d’un rocher sur son véhicule, à Paea. Malgré plusieurs séquelles, dont la perte de la vue à droite, Vetea Tepa s’est pris de passion pour le vélo, remportant plusieurs courses, dont le contre-la-montre du championnat de France en vétéran handisport. Il continue également à s’investir en faveur de la pratique du football en entreprise.

“Je suis agréablement surpris et honoré d’avoir été choisi pour porter la flamme avec des grands sportifs locaux. C’est déjà incroyable d’accueillir les Jeux Olympiques chez nous, alors y participer lors de ce relais, c’est génial. J’ai encore du mal à y croire : c’est beaucoup d’émotion !”.

Ranitea Mamatui, rameuse et future professeure de sport

Recommandée par Heirangi Nouveau, trésorier de la Fédération Polynésienne de Kayak Surf-Ski, lui-même sélectionné, Ranitea Mamatui excelle dans une discipline emblématique du Fenua : le va’a (pirogue), qu’elle a découvert à 5 ans avec son père. Ces trois dernières années, elle a remporté la prestigieuse course Te Aito en catégorie junior. Elle est aussi vice-championne du monde 2023 de V6 (Samoa). À 19 ans, la résidente de Papeari est en deuxième année de licence STAPS pour devenir professeure d’EPS. C’est d’ailleurs dans le cadre de ses études qu’elle s’est orientée avec talent vers la pratique du kayak.

“Ma famille a pleuré de joie à l’annonce de ma participation. Porter la flamme, c’est l’aboutissement de tous les efforts fournis que les gens ne voient pas. C’est un privilège et un signe de paix entre sportifs et entre pays. C’est aussi porter les couleurs du sport, de mon pays et de l’olympisme. Et c’est une belle façon de mettre des jeunes et moins en jeunes en lumière, et de permettre à davantage de personnes de se sentir concernées. J’ai hâte d’y être !”.

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