Tourisme nautique et pêche lagonaire : 12 nouveaux diplômés à Taiarapu-Ouest

Pour la plupart issus de la commune, ils souhaitaient se mettre en règle à l'approche des Jeux Olympiques, avec des perspectives professionnelles à plus long terme (Photos : ACL/LDT).
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Au terme de sept semaines de formation à Vairao entre novembre et décembre 2023, 12 stagiaires ont reçu ce matin, vendredi 26 janvier 2024, leur Certificat de Pilote Lagonaire (CPL) pour le transport touristique de passagers et le Certificat de Patron Lagonaire Pêche et Cultures Marines (CPLPCM) pour la pêche jusqu’à 2 nautiques des côtes.

Un partenariat entre la commune et le Centre des Métiers de la Mer

Il s’agit d’un premier partenariat entre la commune de Taiarapu-Ouest et le Centre des Métiers de la Mer pour proposer une formation délocalisée. “Ce type de formation combinée s’adresse plutôt aux îles. Habituellement, on ne le fait pas sur Tahiti, mais on a répondu favorablement à l’approche des Jeux Olympiques en raison de la forte demande”, explique le directeur du CMMPF, Heifara Trafton. Sur 16 inscrits, 13 candidats se sont présentés à l’examen, qui s’est soldé par un seul échec. Un taux de participation et de réussite dans les normes du centre.

Outre l’avantage de la proximité, les frais de formation étaient adaptés à la situation de chacun. “Les salariés et patentés payent la formation complète, tandis que les demandeurs d’emploi inscrits au Sefi ne la payent pas, en plus d’une indemnité mensuelle prévue par le Code du travail. Pour les agriculteurs et les pêcheurs qui ont la carte CAPL, ils ne payent que 10 % de la formation”.

Les prochaines sessions se tiendront à Arutua, Apataki, Kaukura, mais aussi Raiatea, Hao et Rurutu. “À l’approche des JO, on a une augmentation des demandes, y compris par des communes plus proches de Papeete, en sachant que nous ne sommes pas le seul centre de formation”, remarque le représentant de l’établissement public. Selon Heifara Trafton, cet élan de mise en conformité se justifie aussi par les conditions d’assurance, la défiscalisation et les conventions Séjour dans les îles.

“Faire en sorte que notre jeunesse s’approprie ces beaux métiers”

Le ministre de l’Agriculture et des Ressources marines, Taivini Teai, a participé à cette cérémonie de remise de diplômes. L’occasion de rappeler “l’importance de la professionnalisation par souci de sécurité”, mais pas seulement. “Ça permet aussi de se sentir valorisé et inséré dans la vie économique et sociale de la commune. Je suis persuadé qu’il y aura un effet boule de neige et que d’autres jeunes seront demandeurs par la suite. C’est notre volonté de faire en sorte que notre jeunesse s’approprie ces beaux métiers”, considère le représentant du Pays.

Une prochaine session pourrait être organisée selon les demandes, centralisées en mairie. “On a déjà d’autres sollicitations. On est en train de recenser les volontaires, donc on invite les candidats potentiels à se rapprocher de la commune”, nous a indiqué Tahenanui Tehihipo, adjointe au maire de Taiarapu-Ouest en charge du projet.

En parallèle, d’autres initiatives en matière de formation sont menées par la coopérative de pêche de Vairao et le comité du tourisme de Taiarapu-Ouest.

La parole aux diplômés

Heremiti Mariassouce, 42 ans, de Vairao : “En premier lieu, ça va me permettre d’avoir une activité professionnelle sur l’eau. C’est un rêve pour moi qui suis déjà pêcheur et titulaire du permis côtier. Il y a les JO, mais je pense aussi à la WSL qui revient chaque année, et les courses de va’a. L’avantage, c’est qu’on a pu suivre cette formation chez nous. Je n’aurais pas pu le faire si ça avait été en ville”.

Laura Tahuhuterani-Tetuaiterai, 26 ans, de Afaahiti : “Mon objectif, c’est d’accéder moi-même à mon logement touristique au Fenua ‘Aihere de Tautira, car actuellement, je fais appel à un prestataire. C’est une façon de gagner en autonomie, et peut-être par la suite de développer d’autres activités touristiques”.

Tehotunui O’Connor, 26 ans, de Teahupo’o : “Je travaille déjà dans le tourisme. Ce diplôme me permet de régulariser ma situation et j’envisage aussi d’acquérir mon propre petit taxi-boat avec les aides qui existent. Il y a de la demande et j’ai envie d’en faire mon métier. Pour les Jeux Olympiques, ça me permettra de travailler pour un capitaine et de vivre l’événement de l’intérieur. Je surfe depuis petit et je veux garder cette connexion avec la mer”.