Jeux olympiques à Teahupoo – Le Pays renforce sa vigilance face au risque de fièvre jaune

la vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire pour toute personne âgée de plus de 9 mois ayant séjourné dans un pays d'endémie (Afrique sub- saharienne, Amérique du Sud) et souhaitant se rendre/revenir en Polynésie française.
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Du fait de la présence du moustique vecteur en Polynésie française et conformément au Règlement sanitaire international (RSI), la Polynésie française exige des personnes en provenance de zones à risque qu’elles soient vaccinées contre la fièvre jaune et qu’elles se déclarent.

Une “vigilance accrue sera nécessaire” durant la période des Jeux olympiques qui se dérouleront en juillet 2024 “en vue d’un afflux anticipé de visiteurs en provenance de territoires endémiques pour la fièvre jaune” écrit le bureau de veille sanitaire et de l’observation, dans son dernier bulletin.

Etant donné la similarité des symptômes avec ceux d’autres maladies présentes ici, “la vigilance des
professionnels de santé devra être renforcée”
. La capacité de réaliser l’analyse biologique pour confirmer la fièvre jaune existe à L’institut Louis Malardé.

En cas d’introduction, “la rapidité du diagnostic participera à la mise en place rapide des mesures permettant d’endiguer une potentielle épidémie”.

En vertu du règlement sanitaire international, la vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire pour toute personne âgée de plus de 9 mois ayant séjourné dans un pays d’endémie (Afrique sub-
saharienne, Amérique du Sud) et souhaitant se rendre/revenir en Polynésie française.

Cette exigences’applique aux voyageurs restés plus de 12 heures dans un pays à risque.

Par ailleurs, toute personne préparant un voyage dans un pays à risque doit donc au préalable se faire vacciner contre la fièvre jaune au centre de vaccination international de Polynésie française (40 48 62 05). Il faut un délai de 10 jours pour que le vaccin soit efficace et valable à vie.

Une maladie parfois mortelle

La fièvre jaune est une maladie hémorragique virale aiguë à tendance épidémique qui peut être évitée par la vaccination. Elle est due à un virus transmis à l’être humain par les piqûres de moustiques infectés, notamment les moustiques du genre Aedes, présents en Polynésie française. Le vecteur de la maladie étant présent à travers le pays, un risque d’introduction du virus est possible. Ces moustiques, qui piquent pendant la journée, se reproduisent autour des habitations, dans les forêts et/ou
les zones boisées.

“La fièvre jaune est une maladie qui constitue une lourde menace, qui a de graves conséquences et dont le risque de propagation internationale représente une menace potentielle pour la sécurité sanitaire mondiale selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS)” rappelle également le bureau de veille sanitaire, qui précise que le virus est endémique dans les régions tropicales d’Afrique, d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud.

La période d’incubation de la fièvre jaune est de trois à six jours. L’infection reste asymptomatique chez de nombreuses personnes. La maladie se manifeste habituellement par de la fièvre, des myalgies, des céphalées, une perte d’appétit, des nausées ou des vomissements. Dans la plupart des cas, les symptômes disparaissent au bout de 3 à 4 jours, selon les autorités sanitaires.

Dans une petite proportion des cas, les patients entrent dans une deuxième phase, plus toxique, dans les 24 heures suivant la disparition des premiers symptômes. Une fièvre élevée se réinstalle et plusieurs organes sont touchés, en général le foie et les reins. Au cours de cette phase, un ictère apparaît souvent (jaunissement de la peau et des yeux, d’où le nom de “fièvre jaune“), accompagné d’urines sombres et des douleurs abdominales avec vomissements. On peut observer des saignements au niveau de la bouche, du nez, des yeux ou de l’estomac. “La moitié des malades entrant dans cette phase toxique meurent dans les 7 à 10 jours” selon le Bulletin de la dernière semaine de janvier. “Les mesures de prévention comprennent, comme pour d’autres maladies vectorielles à moustique,
l’élimination des gîtes larvaires et la protection contre les piqûres de moustiques.”

“Il existe également un vaccin sûr et efficace pour lequel une seule dose confère une immunité à vie” indique également le BSS qui explique que la fièvre jaune est difficile à diagnostiquer, surtout aux stades précoces. “Dans sa forme plus sévère, on peut la confondre avec la dengue, la leptospirose, d’autres fièvres hémorragiques, le paludisme (moustique vecteur non détecté en Pf), ou une intoxication.”

De grandes épidémies de fièvre jaune surviennent “lorsque des sujets infectés introduisent le virus dans des zones très peuplées avec une forte densité de moustiques et où la plupart des gens sont peu ou pas immunisés à cause des insuffisances de la vaccination. Dans ces conditions, les moustiques infectés transmettent le virus d’une personne à l’autre”.