“Bonne navigation pour ce campus de la mer !”

Heifara Trafton, directeur du Centre des métiers de la mer, dans la salle du simulateur passerelle navigation. Le nouveau centre dispose notamment de 5 nouveaux simulateurs. (Photo : SG/LDT)
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Annoncés pour 2020 puis 2022, les nouveaux locaux du Centre des métiers de la mer ouvrent enfin leurs portes. Ils ont été inaugurés ce vendredi à Arue. Plus grands, plus fonctionnels, ils devraient permettre de développer les formations, point faible d’un secteur pour lequel le gouvernement affiche de grandes ambitions.

“Bonne navigation pour ce campus de la mer !” a lancé le président Moetai Brotherson. Il a rappelé que ce “bel outil” de plus de 2 000 m2 peut accueillir une vingtaine de pensionnaires – l’internat est la nouveauté – et que le nombre de formateurs devrait passer de 5 à 11.

Il a remercié l’Etat pour avoir abrité durant ½ siècle l’ancien Centre des métiers de la mer à Motu Uta et s’est félicité que le secrétaire d’Etat à la mer, Hervé Berville, ait été reconduit dans ses missions (dans le cadre du remaniement ministériel). Hervé Berville est venu en Polynésie francaise en novembre dernier et avait affiché sa volonté de soutenir la formation dans le secteur de la pêche locale. 

L’Etat devrait notamment venir en soutien du projet plus vaste de Campus des métiers et des qualifications (CMQ) de la mer, un label qui sera mis en place sur le modèle de celui des métiers de la restauration et de l’hôtellerie.

Heifara Trafton, directeur du Centre des métiers de la mer

Six formateurs supplémentaires “avant le mois d’août”

Ces nouveaux locaux sont-ils la promesse d’un nouvel élan pour la formation dans le secteur de la mer ?

“Nous avons trois problématiques en Polynésie. D’abord, celle des surfaces. Avant, nous étions cantonné sur 600 m2 (à Motu Uta) ; aujourd’hui nous triplons les surfaces de formation. 

La deuxième difficulté, c’est la pénurie des formateurs qui n’est pas qu’un problème local car on constate un manque de formateurs dans le monde entier. Ce problème est plus ou moins en passe d’être résolu, puisqu’on devrait passer de 5 à 11 formateurs avant le mois d’août. 

Enfin, la troisième problématique est l’attractivité des métiers. Ces métiers de la mer, mis à part capitaine de pêche ou de commerce, sont méconnus. Alors qu’ils sont très nombreux, du tourisme à la pêche en passant par le commerce, la plongée professionnelle, la perliculture… L’objectif de ce centre est aussi de mieux faire connaître le secteur.”

Y a t-il dès aujourd’hui de nouvelles formations avec l’ouverture de ce centre ? 

“Nous proposons nos formations habituelles : matelot pont, pêcheur etc. Depuis deux ans, nous proposons des formations en greffe. A la fin de l’année, la nouveauté ce sera l’intégration des formations en plongée professionnelle. L’objectif est de rassembler en un même endroit toutes les formations qualifiantes dans les métiers de la mer.”

Combien de personnes sont-elles formées chaque année ?

Malgré la petitesse de l’ancien centre, le manque de formateurs, nous formons de 600 à 700 personnes par an. Mais attention, ce sont des formations qui vont de quelques jours à 6 mois. Pour augmenter les effectifs et les débouchés, nous avons un gros défi à relever.”

Le développement des formations du centre entre t-il dans le cadre des 36 millions de francs débloqués par l’Etat et annoncés en novembre dernier par le secrétaire d’Etat Hervé Berville ? 

“Les fonds annoncés par Hervé Berville sont dédiés aux bourses d’études pour des formations en métropole et qui n’existent pas ici. Mais, ce nouveau centre Ahutoru a bien entendu l’appui de l’Etat et du Pays. Ce dernier a acheté le terrain, réalisé la rénovation et investi dans les simulateurs… Nous avons maintenant 5 salles de simulateurs. Le CMMPF a une subvention annuelle de 342 millions de francs qui a été doublée depuis 2021.”

Le Centre des métiers de la mer est installé à Arue, sur le site de l’ancien IRD (Institut de la recherche et du dévelopement). Il a été baptisé Ahutoru, du nom de l’explorateur aventurier tahitien parti avec Bougainville en 1768. Il dispose de :

  • 8 salles de cours
  • Une salle informatique
  • Une médiathèque
  • 5 salles de simulateurs
  • Des ateliers machine, électricité, hydrolique et froid
  • Un internat de 20 places
  • Un navire-école à venir

Yul, formateur : Nous avons doublé la superficie de nos ateliers mécanique. Ici, nous travaillons sur tous types de moteurs. Nous assurons de 2 à 4 formations par an, nous sommes sur le point d’embaucher de nouveaux formateurs.”

Le nouveau centre des métiers de la mer, Ahutoru, situé à Arue, sur le site de l’ancien IRD, comprend notamment 8 salles de cours et une salle informatique.