Dernière frasque post-mortem pour Athanase Teiri, le “roi Pakumotu”, inhumé à l’Uranie

Athanase Teiri est décédé le 29 janvier dernier, mais n'a été enterré que ce jeudi 8 février au cimetière de l'Uranie. (Archives DG/LDT)
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“Grand est mon royaume, grande sera ma gloire” se plaisait à dire le représentant autoproclamé de la “République autonome de Pakumotu et ses dépendances”

Athanase Teiri, qui a régulièrement défrayé la chronique judiciaire, est décédé le 29 janvier dernier, selon Tahiti Infos qui précise que ce n-ième prétendant à la succession des Pomare n’a été enterré que ce jeudi 8 février au cimetière de l’Uranie.

Car la famille du défunt tenait absolument à l’enterrer dans la fameuse “maison aux drapeaux” qu’elle squatte depuis plus de deux ans sur le boulevard Pomare prolongé à Taunoa.

La commune de Papeete a finalement été contrainte d’adopter un “arrêté d’inhumation d’office” et ce sont les mūto’i oire qui sont venus chercher la dépouille du régent d’opérette.


Ébauches de passeports et de cartes d’identité pakumotu, badges divers, chéquiers faits maison et… “mandats d’arrêt” visant de hautes personnalités du Pays ont été retrouvés au domicile d’Athanase Teiri en 2013. (Archives La Dépêche)

Un “règne” cocasse et mouvementé

• Juin 2010 : Athanase Teiri vient de constituer son gouvernement et décrète que la Polynésie française passe sous son autorité. Il est placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête préliminaire pour escroquerie.

• Octobre 2011 : La tribu pakumotu tente d’investir l’ancien hôpital Mamao pour en faire son palais présidentiel. Le roi et ses ouailles sont boutés hors du site par la section d’intervention de la police.

• Mars 2012 : Le “ministre de la Guerre” pakumotu, Franck Pito, écope de 8 mois de prison ferme pour menaces et violences sur un avocat du barreau de Papeete.

• Juin 2012 : Maruarai Colombel, procureur et monsieur justice pakumotu, est condamné à 4 mois de prison avec sursis et 1 million de francs d’amende pour outrage et rébellion contre les douanes, dans le cadre d’une enquête sur un trafic de carburant défiscalisé.

• 13 juillet 2012 : Le roi pakumotu et une trentaine de ses sujets font le siège de la DSP, à Papeete : ils exigent la remise en liberté de trois d’entre eux, en garde à vue pour détention et distribution de fausses cartes d’identité et faux permis de conduire.

• 19 avril 2013 : Les policiers dissuadent le “roi”, qui tente de s’introduire à l’APF pour exiger que l’on fasse flotter son drapeau au mât de l’institution.

• 1er mai 2013 : Un groupe de Pakumotu tente d’investir dans le calme l’assemblée de la Polynésie française, et provoque l’intervention de la police.

• 25 novembre 2013 : Une poignée de Pakumotu s’invite dans le bâtiment des affaires foncières, immeuble Te Fenua, à Papeete. Le service d’ordre de la présidence intervient.

• 12 décembre 2013 : des milliards de patu sont saisis par les policiers de la Direction de la sécurité publique (DSP) au domicile du roi, dans le cadre d’une enquête pour mise en circulation d’une monnaie n’ayant pas cours légal. Athanase Teiri et deux de ses filles sont invités à suivre les enquêteurs pour être placés en garde à vue dans les locaux de l’hôtel de police de Papeete. Outre la peine de prison prévue pour la fabrication et la tentative de mise en circulation des fameux patu, Athanase encourait dix ans de prison supplémentaires pour “actes d’intimidation sur personne chargée d’une mission de service public en vue de l’empêcher d’accomplir sa mission”.


C’est quand ils ont voulu payer en patu le professionnel à qui ils avaient loué leurs imprimantes couleurs que le projet de monnaie pakumotu a capoté !
(Archives La Dépêche)